Lien entre réchauffement climatique (canicule) et incendies
On entend à longueur de journée que le réchauffement climatique est responsable des incendies et des feux de forêt.
Bien évidemment, on ne peut pas nier que la propagation des feux est liée à la sècheresse, mais en ce qui, concerne la cause, ce n'est pas aussi évident !
J'ai recherché quelques avis, voilà ce que j'ai trouvé.
Préambule :
Les feux de forêt sont généralement considérés comme une catastrophe :
https://atlasclimatique.ca/les-incendies-de-foret-et-le-changement-climatique
"En savoir plus : Le rôle naturel important des incendies"
"Les incendies de forêt font naturellement partie du cycle de vie de la forêt boréale. Les incendies aident à éliminer les déchets du sol de la forêt, à recycler les éléments nutritifs dans le sol, à creuser des trous dans les peuplements d’arbres pour favoriser une nouvelle croissance et à tuer les espèces envahissantes et les ravageurs forestiers. Certains arbres, comme le pin gris, ont même besoin de la chaleur des incendies de forêt pour la reproduction. Lorsqu’un incendie rencontre la civilisation humaine, il devient une menace dangereuse ou catastrophique."
https://www.cairn.info/revue-espace-geographique-2005-4-page-289.htm
"Il n’y a donc pas de liens mécaniques entre la canicule et les feux de forêt. Quant à établir un lien éventuel entre les feux de 2003 et le changement climatique global, phénomène sur lequel nous avons encore beaucoup d’incertitudes (Leroux, 2002 ; Godard, 2001), il est difficile de se prononcer et cela pour plusieurs raisons. D’une part, la canicule de 2003 n’est pas un accident climatique isolé. De tels coups de chaleur se reproduisent environ tous les 20 à 30 ans, les épisodes les plus marquants des 50 dernières années étant ceux de 1947, 1976 et 1983. Les climatologues de MétéoFrance, qui ont analysé la canicule de 2003, n’établissent aucun lien avec le changement climatique global (Bessemoulin et al., 2004). D’autre part, le climat méditerranéen est caractérisé par une forte variabilité inter-annuelle des températures, y compris en été (Douguedroit, 1997). Il serait donc pour le moins hasardeux de conclure que la canicule et les feux de l’été 2003 sont la conséquence du changement climatique global, plutôt qu’un aléa météorologique finalement assez banal autour de la Méditerranée.
13 Cependant, l’essentiel n’est sans doute pas là. La recherche scientifique sur les incendies de forêt en Méditerranée s’est trop appuyée sur le facteur climatique comme élément explicatif, contribuant ainsi à instruire un faux procès contre la nature méditerranéenne. La chaleur et le vent certes stimulent la propagation des feux, mais il faut réaffirmer avec force qu’ils n’en sont pas la cause directe. Comme cela a été rappelé, la très large majorité des éclosions d’incendies est d’origine humaine, et leur répétition s’inscrit dans l’épaisseur du temps. Il semble par conséquent nécessaire d’accorder une attention particulière à la dimension historique du phénomène incendie."
source : https://www.foret-mediterraneenne.org/upload/biblio/FORET_MED_1987_2_189.pdf
Ainsi en va-t-il à propos des incendies de forêt, et il est intéressant de citer quelques lignes tirées de la préface d'un livre récent, par ailleurs fort judicieux ( ref 1 << Les forêts meurent aussi » de Chr. Kempf et Th. Piantanida, Libr. Bueb et Reumaux. ), préface rédigée par un ancien haut fonctionnaire qui a eu son mot à dire sur la protection de la forêt méditerranéenne :
« Jusqu 'en 1 955-60 les incendies de forêts étaient, en France, l 'exception ... Or les incendies ne sont plus, depuis un tiers de siècle, l 'exception, mais sont devenus la règle. Bien plus ... ont crû chaque année aussi les surfaces ravagées : on en est à plus de trente mille hectares annuels {avec des pointes à plus de cinquante mille} alors que, jusqu 'en 1950, les incendies n 'en détruisaient que le dixième. Ce paradoxe s 'explique par le fait que, jadis, la forêt était entretenue convenablement et habitée. .. Les feux, jadis, ne pouvaient facilement se propager faute de broussailles desséchées en sous-bois et ces feux étaient rapidement étouffés par des gens qui travaillaient dans la forêt , )) Voilà un bel exemple d'idées toutes faites, qui circulent largement; le grand public y est sensible, au point que, puisque tant de gens y croient, les milieux beaucoup mieux informés et conscients finissent par s'y laisser prendre.
Autrefois ...
C'est quand, « autrefois » ?
"(7) Les statistiques de l'Opération << Prométhée >> montrent que 72 % de tous les incendies de forêt partent des bords des routes et des lieux habités, contre 28 % en plein massif. Les feux partis de ces rou'tes et lieux habités sont responsables de 63 % des surfaces brûlées, contre 37 % dus aux pleins massifs."
https://www.departement06.fr/documents/A-votre-service/Culture/archives/recherches-regionales/rr96-1986-03.pdf
3) Une criminalité record
La seule année 1921 vit partir en fumée plus de 50 000 ha de forêts (95 % dans le Midi). Pendant 20 ans, de 1919 à 1939, les Alpes-Maritimes font la dure expérience d'un retour presque cyclique des incendies. Après enquêtes des services forestiers et policiers, les causes d'incendies sont classées en 3 catégories principales :
- causes accidentelles : foudre, escarbilles de locomotives à vapeur, échappement de voiture, dépôts d'ordures, reprise d'incendie mal éteint.
- causes criminelles : mises à feu immédiates ou par un dispositif retardant.
- imprudences : travaux en forêts, travaux agricoles, jeux d'enfants, emploi d'un réchaud, feux de bois de campeurs, jets de mégots par véhicule, fumeurs à pied, etc.. Malgré l'absence de statistiques, ou leurs lacunes énormes pour la période 1919-1939, il nous est possible d'établir un tableau indicatif des causes d'incendie, année par année. Les résultats ainsi obtenus proposent les chiffres suivants (moyenne en 20 ans) :
- imprudences 10,95 % des causes d'incendies
- malveillance 20,62 %
- locomotives 1,87 %
- vent + sécheresse 5,25 %
- divers 1,05 %
61,27%
- inconnues 60,22%
(par causes "inconnues", il est préférable de sous-entendre "auteurs inconnus").
En mai 1931, l'administration des Eaux et Forêts avait publié des statistiques pour la France entière :
- imprudences : 49,9 %
- malveillance : 8,7 %
- locomotives : 30 %
- divers : 11,6 %
En conclusion on peut dire que les incendies de forêts, foudre exceptée, sont tous d'origine humaine. L'imprudence engendre les feux les plus fréquents, mais les moins graves. La malveillance en revanche engendre les plus dévastateurs et les plus meurtriers.
Les AlpesMaritimes détiennent un triste record : celui du taux de criminalité le plus élevé de France (20,62 %)
Bonne lecture
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