vendredi 1 avril 2022

20220331 france info mesures montée des eaux et réchauffement océan

 Réchauffement climatique : "Il n'y a pas beaucoup de candidats à la présidentielle irréprochables dans leur compréhension du problème", constate Jean-Marc Jancovici (francetvinfo.fr)


En complément


Bonjour
Les mesures de montée des eaux me surprennent .

source : Club des argonautes quelles sont les variations actuelles du niveau de la mer

L'élévation du niveau de la mer par les marégraphes donnait 1.8 mm/ an avant 1992 et subitement lorsque les satellites ont été mis en place en 1993 , la valeur devient 3.2 mm/ an soit quasiment le double!
Bizarre, vous avez dit bizarre ! Il y a de quoi se poser des questions !

Je cite "C’est à partir de ces mesures marégraphiques à travers le monde que l’on a pu faire une première évaluation de l’élévation du niveau de la mer au cours du 20ème siècle jusqu’à l’avènement des mesures satellitaires en 1992 : environ 18 cm soit en moyenne à peu près 1,8 mm/an "
Lors de la mise en place des mesures par satellite en 1993 , la valeur est passée à 3.2 mm/an.
Je cite : "Les mesures des satellites ont permis de mettre en évidence une augmentation de la vitesse de l’élévation du niveau moyen des océans : elle a été de 3,2 mm/an entre 1993 et 2011.

Quand on parle de la montée des eaux, on oublie souvent deux phénomènes antagonistes, le rebond post glaciaire RPG (remontée) et la subsidence (affaissement dû à diverses causes dont la charge sédimentaire). Le RPG est le soulèvement de la croûte terrestre consécutif à la fonte d'une épaisse couche de glace (ex : glaciation il y a 20000 ans)
En Scandinavie , le RPG fait soulever les terres d'environ 1 m par siècle , du coup, le niveau de la mer baisse pour le moment .
Par contre, au Bangladesh, dans le delta du Gange Brahmapoutre l'affaissement (sédiments) peut atteindre localement 4 à 5 mm/an qui se "superposent" à la montée des eaux, donc double peine et drame à venir .
Source : pnr parc marais poitevin fr wp - content / uploads 2015 12 J 1 - 08 mélanie becker

Dans les années 1990 , Anny Cazenave et Christian Le Provost 2 grands spécialistes de la montée des eaux avaient conclu (note CNRS) que les marégraphes ne permettaient pas d'estimer un niveau moyen global sur la Terre !
Comme souvent, pas simple !
Saumon
Très récemment le GIEC lui-même, faisait état d'une élévation moyenne des mers de 1,4 mm par an sur les 120 dernières années.
Concernant les mesures satellitaires, il n'est pas dit qu'en s'éloignant de plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres d'altitude à travers des instruments complexes on obtiennent une meilleure fiabilité qu'une mesure du réel très simple à effectuer et dont la fiabilité n'a jamais été mise en cause.
Je vous joins un extrait de wikipedia sur les mesures effectuées par la NASA qet qui mentionne bien les 1,4 mm reconnus par le GIEC :

Ampleur de la contribution

Cette dilatation de l’eau est responsable, selon les études de la NASA, d'environ un tiers de l'élévation en cours du niveau de la mer, et d'une élévation de sept millimètres du niveau des océans entre 2003 et 201875. La même proportion est déterminée par la synthèse du GIEC de 2019, d'après laquelle la contribution de la dilatation thermique des océans est de 1,40 mm/an (très probablement entre 1,08 à 1,72 mm/an) entre 2006 et 201577.

Les sondes de mesure (appelées bathythermographe) - avant 2014 - n'enregistraient pas la température aux très grandes profondeurs (plus de 6 000 m), la plupart des bouées ne descendant pas à plus de 2 000 m alors que la profondeur moyenne est de 3 800 m, avec des fosses à plus de 12 000 m73. En 2014, des bouées dites Deep Argo ont commencé à faire des mesures à 6 000 m de fond, ce qui permet de mieux étudier la diffusion de la chaleur dans l'océan73.

Je vous invite, si le sujet vous intéresse, au-delà de la reproduction d'une hypothèse toute faite, à vérifier ces informations et y réfléchir, sachant qu'il faut faire un parallèle entre l'élévation des mers et celui des températures, même s'il y a d'autres paramètres qui interviennent pour une moindre part.
Merci pour votre réponse
En ce qui concerne la mesure de la température des océans, je suis réservé.
Avant 2000,la mesure de la température des océans est sujette à caution (seaux jetés des bateaux) , l'incertitude résultante est inquiétante.
Depuis l'an 2000 , le projet Argo mesure la température des océans de façon dite précise. Le volume moyen balayé par une sonde Argo est d'environ 70 milliards de piscines olympiques (200 000 km3 soit 100 000 km2 sur 2 km de profondeur). J'ai divisé la surface des océans par le nombre de bouées opérationnelles (3600 bouées pour simplifier le calcul). Ce volume ne correspond même pas au volume de la mer Caspienne, le plus grand volume d'eau douce de la planète (~ 83 000 km3)
Je pense qu'avec une telle discrétisation, on peut tirer n'importe quelle conclusion, ce qui explique les avis divergents et évolutifs.

Un exemple de recadrage : en ligne Sciences et avenir le 11 01 2019
Je cite "Alors que le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) estimait en 2014 que le contenu thermique des océans, l'unité utilisée pour ces mesures, était entre 0,20 et 0,32 watts par mètre carré pour la période 1971-2010, les quatre nouvelles études convergent autour d'un chiffre supérieur, entre 0,36 à 0,39 -- et 0,55 à 0,68 pour la période la plus récente, à partir des années 1990."
On a pratiquement un réajustement de 50 % en passant d'une valeur moyenne de 0.26 ((0.2+0.32) / 2) à 0.38 ((0.36+0.39)/2)
Bonne soirée
Saumon

20220331 JMJ Jancovici : Vraiment un expert en éolienne ?

Bonsoir

JM Jancovici un expert (en éolienne) à prendre comme référence ? JM Jancovici (JMJ dans le texte qui suit) n'a qu'une idée en tête : discréditer l'éolien.

Pour ceux qui sont béats devant la science de ce Monsieur, je prends 2 exemples d'erreurs qui montrent ses lacunes.
Boulette 1) Sur  YouTube : Energie & Électricité - Senat Français JANCOVICI ( 20/03/2012 ) de 1H23'30" à 1H24'.

Lors de cette conférence devant les sénateurs en 2012 , il se moque pratiquement d'eux en affirmant une bêtise. Il  a confondu la vitesse du vent et la vitesse de rotation de l'éolienne . Il ne sait pas que la vitesse de rotation de l'éolienne est variable uniquement pour les vents faibles ( 5 à 15 m/s et ce n'est pas une loi en  V^3) ) . Elle a une vitesse de rotation constante pour les vents forts (15 à 25 m/s).



Boulette 2 ci dessus )  Sur YouTube : Jean-Marc Jancovici, ordre de grandeur éolien vs. pétrole vs. nucléaire, INSTN, octobre 2016.


Diapo originelle JMJ présentation INST 2016


Diapo modifiée

JMJ dans son discours à l'INSTN dit que l'énergie récupérée par une grande éolienne ( à 50")  de  3.6  m de diamètre  (10  m^2, en réalité, c'est une petite éolienne) est équivalente à 3 ml de pétrole ."
Curieusement, il prend dans son calcul une vitesse du vent de 10 m/s alors qu'il parle de 80 km/h (soit 22 m/s). La masse d'air traversant l'éolienne prise en compte dans son calcul est donc divisée par 2.2.( 22.2/10 = 2.2)

Facteur de correction 2.5 (calcul affiné).

Il a pris un rendement de 40% pour l'éolienne mais il oublie de prendre en compte le rendement de conversion du pétrole en énergie mécanique (centrale thermique) soit typiquement  33 % (1/3 pour simplifier). 
Facteur de correction de 3

Facteur global de correction 7.5  : 2.5 X 3 = 7.5
Il faut donc 7.5 fois plus de pétrole qu'annoncé par JMJ soit 3 ml  X 7.5 = 22.5 millilitre de pétrole. JMJ dit ! (1'20") : "0.3 centime en tête de puits pour le pétrole avec sa fonction de stock. Rapport de 25 à 30 sans et 50 à 100 avec stockage ." (sous entendu par rapport à éolien)
Si on prend le baril à 65 € (valeur moyenne  en 2020), le prix de 22.5 millilitre de pétrole correspondant à l'énergie de l'éolienne est  = 0.004 X 22.5 = 0.9 centime d'€
Ce n'est que le prix du carburant, il manque la centrale thermique , c'est comme si pour votre voiture, vous ne comptez que le prix du carburant !
tapez : "jancovici transition énergétique électricité quel est le vrai coût de l'électricité (voir en bas de page)

Sur ce site de JMJ , il est écrit : rubrique "Parlons pognon pour l'énergie primaire ":
Avec un rendement moyen de 35-40% d’une centrale à fioul, cela signifie que l’achat du fioul lourd va représenter 30 à 150 euros par MWh électrique en sortie de centrale.

"Sur le site de JMJ, le kWh fioul est donc compris entre 3 et 15 centimes , dans cette vidéo JMJ annonce les 6 à 8 centimes du kWh pour l'éolienne (1'02") et le 0.3 centime ci dessus pour le fioul.

Le prix du kWh éolien et du kWh fioul sont comparables et  bien sûr ça dépend du prix du baril.

ÉOLIEN 6 à 8 centimes et FIOUL  3 à 15 centimes
Que d'erreurs et de contradictions dans la fausse "démonstration" de JMJ pour discréditer l'éolien !
Il y a bien sûr plein d'autres paramètres à prendre en compte , l'intermittence de l'éolien ,la durée de vie des installations, le stockage, le prix du baril …, ça demanderait de long développements !



En tout cas, pour un expert déclaré, ce n'est pas brillant !

Bonne lecture
Saumon



Parlons pognon pour l'énergie primaire

  • Parlons maintenant pétrole, même si c’est juste 5% de la production électrique mondiale :
    • à nouveau il faut payer le coût d’extraction du pétrole, qui varie de 2 à 60 dollars par baril, soit 1 à 30 euros par MWh (1 euro c’est pour les vieux champs du Moyen Orient, 30 pour les machins horriblement compliqués dans des zones où vous n’avez aucune envie de mettre un pied),
    • il faut payer son transport, mais transporter du pétrole est facile et cela coûte souvent moins d’un euro par MWh,
    • il faut payer son raffinage, car une centrale ne brûle pas du pétrole en direct, mais du fioul lourd, et le raffinage coûte quelques dollars par baril, soit environ 2 euros par MWh,
    • mais plus encore que pour les autres énergies il faut payer les rentes aux propriétaires du gisement, et aux intermédiaires qui commercialisent le précieux or noir.

A l’arrivée, le prix du MWh de pétrole vaut 10 euros quand le baril est à 20 dollars (ce qui a été le cas pour l’essentiel du 20è siècle en dollars constants), et 50 euros quand le baril est à 100 dollars. Mais… à nouveau, les centrales achètent du fioul lourd, qui est coté de manière distincte du pétrole, et vaut environ 700 dollars par tonne en 2012, soit… un peu plus de 50 euros le MWh (donc le même prix que le pétrole à un poil près). Avec un rendement moyen de 35-40% d’une centrale à fioul, cela signifie que l’achat du fioul lourd va représenter 30 à 150 euros par MWh électrique en sortie de centrale (et cela explique pourquoi ces centrales sont généralement dédiées à la pointe, au moment où le prix de marché du MWh « de gros » dépasse cette valeur).