23 novembre 2023 meurtre Crépol insécurité
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L’insécurité n’augmente pas en France
2 OCT 2023
L’insécurité augmente-t-elle en France ? La question revient régulièrement au-devant de l’actualité. Il est difficile de faire la part des choses entre des inquiétudes réelles et l’instrumentalisation de faits divers pour faire de l’audience. Tous les jours, notre pays compte trois homicides. Beaucoup moins qu’il y a 30 ans, mais cela permet de nourrir une chronique médiatique à défaut d’autres événements majeurs. Les réseaux sociaux amplifient le phénomène.
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Si on prend en compte l’ensemble des crimes et délits enregistrés par les services de police et de gendarmerie depuis la Seconde Guerre mondiale, on note une forte hausse entre les années 1960 et le début des années 1980. On passe à l’époque de dix crimes et délits par an et pour 1 000 habitants à environ 60. Depuis, les données varient entre 55 et 65. À partir de 2016, nous avons recalculé une série une base différente, mais hormis l’année 2020 et la période de confinement, les crimes et délits sont restés stables autour de 48 pour 1 000 entre 2016 et 2022.
Ce chiffre global, longtemps utilisé dans le débat public, pose plusieurs problèmes. Des homicides à la falsification de documents d’identité en passant par des cambriolages, il rassemble des faits hétéroclites. Il dépend aussi de l’activité des services de police : quand ces derniers deviennent plus efficaces, les chiffres augmentent sans que cela traduise nécessairement une hausse de l’insécurité. Cette donnée est la conséquence de grandes transformations sociales : la progression des années 1960 et 1970 est essentiellement due aux vols. On entre alors dans la société de consommation, il y a davantage d’objets à voler, on s’assure plus souvent et on les déclare davantage à la police… C’est un autre point important : la violence enregistrée par les statistiques dépend beaucoup de notre sensibilité au sujet et de notre capacité à déclarer des faits.
Violences contre les personnes
Pour mieux comprendre l’insécurité, il faut entrer dans les détails. Depuis le milieu des années 1980, les violences les plus graves diminuent : on s’entretue de moins en moins en France. Si l’on se place sur longue période, l’élévation des niveaux de vie et de diplôme d’un côté, et la meilleure protection des personnes par les forces de sécurité de l’autre, jouent. Plus récemment, le nombre annuel d’homicides a nettement baissé, de 1 400 à 800 entre 2002 et 2009, et il est à peu près stable depuis dix ans.
Le nombre de coups et blessures est resté stable de 2008 à 2016, autour de 220 000 par an, puis il a fortement progressé pour atteindre 350 000 en 2022. Ces chiffres sont utilisés pour nourrir le débat sur la hausse de l’insécurité. Pourtant, on ne peut en conclure à une explosion des violences entre personnes. Comme l’expliquent les chercheurs du Cesdip, cette situation est, pour l’essentiel, le résultat d’un durcissement de la loi : de plus en plus d’infractions sont comptabilisées comme des délits alors qu’elles ne l’étaient pas auparavant.