samedi 26 août 2023

20230823 visualisez les records de température, incertitude, discrétisation, discrépance

CARTE. Canicule : visualisez les records de température depuis le début de la vague de chaleur en France (francetvinfo.fr)


Bonjour

Définition de record : "Niveau qui DÉPASSE ce qui a été précédemment atteint, summum."
Ca ne correspond pas à ce qui est cité puisque FI parle d'égalité de valeurs.et pas de valeurs dépassées.

Je cite FI : "Le mercure y est monté jusqu'à 30,5°C. Le précédent record était, lui aussi, de 30,5°C, le 19 août 2012."
"La station a enregistré une température de 33,2°C, équivalente à l'ancien record datant du 5 août 2003."
"A 230 km de là, à Narbonne, dans l'Aude, la température est montée jusqu'à 39,8°C, égalant le précédent record du 2 août 2022."

INCERTITUDES
Au delà de ces records fantaisistes, il faut tenir compte des incertitudes de mesures.
Les stations homologuées par Météo France ont une incertitude typique comprise entre 0.5 ° C et plus de 5 degrés : note 35B de Météo France
La station météo de Vinsobres (Drôme) est une classe 3. L'incertitude typique est de + ou - 1° C concernant uniquement le site.
Record annoncé de 42.4° C contre 41.8 ° C : Il faudrait 2 degrés d'écart pour valider ce record.

INDICATEUR THERMIQUE
Je cite FI : ""Météo-France, qui a enregistré un indicateur thermique national de 26,63°C, contre 26,44°C"
Quand on annonce des centièmes de degré pour une mesure de température, c'est délicat . Cet indicateur est basé sur la moyenne des températures de 30 stations de référence. Quand on voit qu'il y a des zones de plusieurs centaines de km sans mesure, on peut raisonnablement penser que les centièmes de degrés sont illusoires et qu'il s'agit plutôt de plusieurs dixièmes de degrés d'incertitude!
On trouve facilement la carte des stations retenues pour le calcul.

Exemples de zones sans mesures : entre Limoges-Toulouse : 250 km: entre Toulouse-Montpellier 200 km; entre Nancy-Lille : 300 km; entre Nantes-Limoges : 260 km
Bonne réflexion
Saumon
" On peut raisonnablement penser que les centièmes de degrés sont illusoires et qu'il s'agit plutôt de plusieurs dixièmes de degrés d'incertitude ". Oui, et alors ? 26,6 °C contre 26,4 °C, ça vous parle ?

Bonjour
Vous dites "Oui, et alors ? 26,6 °C contre 26,4 °C, ça vous parle ?"
Comme j'ai évoqué plusieurs dixièmes de degrés j'en prends 2 pour simplifier.
26.6 ° C annoncé : Il y a 95 % de chances que la valeur vraie soit comprise entre 26.4° C et 26.8° C
26.4 ° C annoncé : il y a 95 % de chances que la valeur vraie soit comprise entre 26.2° C et 26.6 ° C
Il y a une zone commune entre 26.4° C et 26.6 ° C, on ne peut pas conclure.

Sur le fond, l'indicateur thermique national porte bien son nom "d'INDICATEUR". Les mesures sont localisées dans des villes .Heureusement, les stations de mesure sont de qualité (classe 1 et 2 en majorité) .La discrétisation * est médiocre. La moyenne de surface par point de mesure est de 18300 km carré soit un point de mesure pour 3 départements (5730 km carré moyen).

* Discrétisation : "la discrétisation est la transposition d'un état continu (fonction, modèle, variable, équation) en un équivalent discret"
Bonne journée
Saumon
Les mesures sont localisées dans des villes ". Pas du tout. La plupart des mesures sont effectuées près des aéroports et non dans les villes. Exemple, lorsque Météo-France donne la température à Nantes, il s'agit en réalité de celle mesurée sur l'aéroport de Nantes-Atlantique situé sur les communes de Bouguenais et Saint-Aignan-Grandlieu. Celle de Brest est mesurée sur l'aéroport de Guipavas, etc...
Bonjour
Vous dites :" Les mesures sont localisées dans des villes ".

Sur météo France
"L'indicateur thermique national" se définit comme la moyenne de mesures quotidiennes de température moyenne de l'air dans 30 stations météorologiques réparties de manière équilibrée sur le territoire métropolitain et sélectionnées à partir des travaux sur l'homogénéisation."
Il est troublant qu'il y ait une zone immense qui doit représenter de l'ordre de 100000km2 (au pif) sans aucune mesure au sud de Bourges. Il n'y a que Clermont Ferrand au milieu!

Vous avez raison, les stations ne sont pas au centre des villes mais elles sont désignées par le nom des villes les plus proches :

"Les stations où sont relevées les températures sont les suivantes : Nice, Marseille, Caen, Cognac, Bastia, Dijon, Besançon, Montélimar, Brest, Nîmes, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Châteauroux, Nantes, Orléans, Agen, Reims, Nancy, Nevers, Lille, Clermont-Ferrand, Pau, Perpignan, Strasbourg, Lyon, Le Mans, Bourg-Saint-Maurice, Paris, Poitiers."
Saumon
30 stations réparties de manière légèrement inhomogènes sur le territoire, n'est pas rédhibitoire. Ces stations sont pour la plupart basées sur des aéroports car, c'est historique, elles se sont révélées indispensables à l'aviation (pour leurs mesures de pression atmosphérique, notamment).

Les séries de mesures sont suffisamment longues dans ces stations pour que l'on puisse observer un réchauffement global sur la France métropolitaine.... et ce n'est pas le manque de mesures au sud de Bourges qui auraient fait une différence notable.

Bonsoir
Vous écrivez : "30 stations réparties de manière légèrement inhomogènes sur le territoire, n'est pas rédhibitoire"
Je n'ai pas qu'on observe pas un réchauffement global sur la France. Je dis que la mesure est pauvre.
La notion de température moyenne est délicate au départ. Il faut pondérer la mesure par la surface qu'on lui attribue.
Le fond du problème c'est qu'en partant avec un faible nombre de stations (discrétisation) et mal réparties (discrépance) , d'entrée on se pénalise pour faire une mesure précise. Un problème difficile (discrépance) est la quantification de l'influence de la répartition des points de mesure sur le résultat final. C'est d'ailleurs un problème quasiment insoluble en 3D.

Pour vérifier la tolérance d'une pièce mécanique vous utilisez un pied à coulisse basique alors que vous disposez d'un micromètre. Est ce que vous annoncez des centièmes de mm avec le pied à coulisse ?
C'est exactement ce qui est fait avec cet indicateur thermique national. D'ailleurs le terme "indicateur" est révélateur.
Quand on a des zones vierges de mesure dont une de presque un quart du territoire , on ne peut pas espérer des résultats exceptionnels.
Les stations sélectionnées sont certes parmi les meilleures : 21 sur 30 sont de classe 1 ou 2, 4 autres classe 3 (+/- 1 ° C) et 5 classe 4 (+/- 2 ° C)
Réchauffement climatique : l'indicateur thermique de Météo-France est-il trompeur ? | TF1 INFO
"Or, deux tiers des stations utilisées par Météo-France (21 sur 30) respectent la classe 1 ou 2, pour lesquelles "les perturbations de température sont très faibles". Seules quatre stations descendent jusqu'à la classe 3 - avec une marge d'erreur de 1°C - et cinq chutent en classe 4, dont l'erreur peut aller jusqu'à 2°C."

Il serait intéressant de comparer la valeur de l'indicateur national thermique à un calcul réalisé avec un grand nombre de stations si possibles de classe 1 ou 2 (disons 10 fois plus =300) et de voir la différence de résultats.
Bonne soirée
Saumon
Il serait intéressant de comparer la valeur de l'indicateur national thermique à un calcul réalisé avec un grand nombre de stations si possibles de classe 1 ou 2 ". Quel en serait l'intérêt puisque vous écrivez vous même : " Je n'ai pas [dit ?] qu'on observe pas un réchauffement global sur la France. Je dis que la mesure est pauvre " ? Certes, la précision serait meilleure mais la tendance serait la même.
Bonjour
Effectivement je voulais écrire : "Je n'ai pas dit qu'on observe pas un réchauffement global sur la France. Je dis que la mesure est pauvre "
Je suis d'accord avec votre analyse mais le commentaire de départ concernait la précision de mesure qui ne permettait pas de dire que le "record" avait été battu.
Bonne journée
Saumon