dimanche 1 janvier 2023

20230101 Tectonique des plaques controverse consensus preuve

 Tectonique des plaques


L'histoire de la dérive des continents de Wegener et ses opposants (e-monsite.com)


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Le rejet de le théorie de Wegener

La théorie de Wegener fût dans un premier temps ignorée, puis en 1922 la théorie de la dérive des continents fût violemment rejetée par une majorité de la communauté scientifique. Les raisons de ce rejet sont multiples, certains sont basés sur des faits scientifiques et rationnels d'autres beaucoup moins.

- La première raison de rejet fût de dire que Wegener n'expliquait pas ce qui se passait au fond des océans.

- La deuxième raison est la théorie des ponts continentaux, qui était bien ancrée dans la communauté scientifique (voir schéma de Haug). Cette théorie des ponts continentaux était complétée par la théorie de l'effondrement (où une partie d'un continent, c'était effondré pour donner naissance à un océan).

- La complémentarité partielle des côtes de l'Atlantique, en particulier dans l'Atlantique Nord. La correspondance des côtes n'étant que le fruit du hasard.

- Le métier de Wegener. Il était météorologiste, il ne pouvait donc rien connaître à la géologie.

- Les mécanismes responsables de la dérive des continents. A l'époque il a été démontré que la terre est un milieu solide. Par conséquent, pour que les continents dérivent il faudrait une force considérable. Wegener n'a aucune idée de l'origine de la force responsable de la dérive des continents. Il suppose que la dérive est due à la force de Corriolis (voir page explicative). Wegener explique que si le SIMA est visqueux alors une petite force appliquée pendant des milliers d'années pourrait déplacer un continent. Harold Jeffreys (physicien) démontrera que les calculs de Wegener sont faux. Il sera l'un des plus farouches opposant a Wegener et responsable de l'abandon de la théorie de Wegener en 1930.

- La dérive des continents suppose l'existence d'un liquide visqueux (le SIMA), or à l'époque la propagation des ondes sismiques démontrent que la lithosphère est solide, ce n'est donc pas possible.

- Le fait de ne pas pouvoir remettre en question des données ancestrales supposées justes et immuables.

Quelques réactions à la théorie de la dérive des continents de 1922 à 1930

Lake « Wegener lui-même n'aide pas son lecteur à se faire un jugement impartial. Même si son attitude a pu être originale, dans son livre, il ne cherche pas la vérité, il défend une cause, et il ferme les yeux devant chaque fait et chaque argument qui la contredit » (U. Marxin, Continental drift : Evolution of a concept, Washington, Smithsonian Institution Press, 1973, p.83).

Harold Jeffreys « Une autre hypothèse impossible est fondée sur la conception que la Terre est dénuée de toute résistance à la déformation [seuil de plasticité nul]. Cette hypothèse affirme qu'une petite force peut non seulement provoquer des mouvements indéfiniment grands, à condition qu'elle dispose d'une durée suffisante, mais encore qu'elle peut surmonter une force plusieurs fois plus importante et agissant dans le sens inverse pendant la même durée. Par exemple, selon la théorie de Wegener, une force minuscule n'aurait pas seulement déplacé l'Amérique par-delà l'Atlantique actuel, mais encore la résistance opposé à ce mouvement par le fond du Pacifique aurait provoqué l'élévation des montagnes Rocheuses. […] Pour que cette formation de montagnes se réalise toutefois, il faut un apport d'énergie pour élever les roches concernées ; la contrainte disponible doit surmonter la gravitation et doit donc dépasser la pression exercée par le poids de la montagne. Le frottement des marées et les différences entre les valeurs de la gravitation dans les parties supérieures et inférieures des continents sont généralement les forces invoquées par des théories de ce type ; elles sont capables de produire des contraintes de l'ordre de 10-5 dynes/cm2 [10-6 Pa], alors que pour élever les Rocheuses il faudrait environ 109 dynes/cm2 [108 Pa]. La supposition selon laquelle la Terre pourrait être déformée indéfiniment par de petites forces à la seule condition que celles-ci agissent longtemps, est donc une supposition très dangereuse, qui peut conduire à des erreurs graves » (Harold Jeffreys, The Earth, 1924, Cambridge, University Press, p.261).

« Il n'y a par conséquent pas la moindre raison de croire que des déplacements en bloc de continents à travers la lithosphère soient possibles. (…) Une dérive séculaire des continents, telle qu'elle a pu être soutenue par A. Wegener et autres, est hors de questions » (H. Jeffreys, The Earth, 2e édition, 1929, p.304-305).

« J'ai examiné assez longuement la théorie du professeur Holmes sur les courants de convection, et je n'ai trouvé aucun test qui pourrait l'appuyer ou la contredire. Autant que je peux voir, elle ne contient rien de fondamentalement impossible, mais l'association de conditions devant être réunies pour qu'elle puisse fonctionner appartient plutôt au domaine de l'extraordinaire » (Harold Jeffreys, in H. Frankel, Arthur Holmes and continental drift, The British Journal for the History of Science, 11, 38, 130-149, 1978, p.146).

Pierre Termier : « C'est un beau rêve, le rêve d'un grand poète. Mais essaye-t-on de l'étreindre, on s'aperçoit n'avoir dans les bras que de la vapeur, de la fumée. Elle attire, elle intéresse, elle amuse l'esprit, mais la solidité lui manque » (Pierre Termier, La Dérive des continents, Monaco, 1924)

Chamberlin « Si nous croyons l'hypothèse de Wegener, nous devons oublier tout ce que nous avons appris dans les soixante-dix dernières années et retourner sur les bancs de l'école. » (R. T. Chamberlin, « Some of the objection to Wegener's Theory », in W. A. Van Waterschoot Van Der Gracht, Theory of continental drift : a symposium, Tulsa, American Asociation of the Petroleum Geologists, 1928, p. 87.)

La théorie de Wegener ne disparaitra pas totalement à la fin des années 30 et plusieurs personnes de renom, considèrent cette théorie comme juste. Pendant longtemps la théorie de la dérive des continents restera une alternative à la théorie des ponts continentaux pour une minorité. Avant d'être définitivement reconnu dans les années 1970 grâce aux progrès de la géologie moderne.

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Autres sources plus complètes


Petite histoire de la tectonique des plaques - Site de cours de collège et lycée en SVT (jimdofree.com)


La tectonique des plaques : des grandes questions d’hier aux grandes questions d’aujourd’hui (wordpress.com)