samedi 16 décembre 2023

20231216 FI inondations Charentes 2 articles

Inondations en Charente-Maritime : les évacuations se poursuivent à Saintes (francetvinfo.fr)

Bonjour
Comme d'habitude, dans les commentaires ci-dessous, avant de parler rapidement et de parler d'événement inédit ou de mettre encore en scène l'actrice Honna Jamaisvussa, il faut regarder les documents historiques. La mémoire humaine est bien limitée dans ce cas. Un document "physio-Géo" de 2019 a étudié en détail la fréquence et l'intensité de ces crues.

Je cite FI : "Samedi après-midi, le niveau de la Charente devrait atteindre 6 mètres"
Ce niveau de 6 mètres a été dépassé 6 fois depuis 1904 : (Tableau IV du document)
Plus de 6 m : 1904 :1904-1923-1936-1952-1961-1982-1994

Je cite quelques phrases issues du document ci dessous
"De 1700 à 1899, les crues de la Charente sont fréquentes, en particulier les épisodes d'ampleur "exceptionnelle"
" Les périodes 1760-1799 et 1840-1859 ont connu peu de crues, mais de grandes inondations "
"Les années 1904, 1907, 1910, 1912 et 1914 sont ainsi marquées par des crues de forte ampleur causant des dommages considérables.
"la période 1950-1969 connaît à nouveau une activité hydrologique importante, soulignée par l'occurrence des épisodes de crue "courants" (24 crues en 20 ans)"
"Deux pics de recrudescence de l'activité hydrologique de la Charente se dégagent, d'une part, les années 1980-1983 et, d'autre part, les années 1994-2000, au cours desquelles surviennent la crue centennale de décembre 1982 et la crue cinquantennale de janvier 1994"

Bonne lecture et Soyez vigilants
Saumon
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SOURCES
Titre "Écrire la géohistoire d'un fleuve à faible énergie : les crues de la Charente entre Angoulême et Saintes"
Écrire la géohistoire d'un fleuve à faible énergie : les crues de la Charente entre Angoulême et Saintes (open edition point ***)

De 1700 à 1899, les crues de la Charente sont fréquentes, en particulier les épisodes d'ampleur "exceptionnelle". La distribution des inondations n'est néanmoins pas uniforme. Si la période 1870-1899 voit une exacerbation de l'activité hydrologique conjuguant une fréquence élevée des crues "courantes" et une fréquence élevée des crues "exceptionnelles", d'autres périodes manifestent une moindre activité (1700-1729, décennie 1740, 1760-1799, décennies 1820, 1840 et 1850) ou même une "relative" accalmie (décennies 1730, 1750, 1810, 1830, 1860). Les périodes 1760-1799 et 1840-1859 ont connu peu de crues, mais de grandes inondations : en 1768, 1783 et 1791 pour la première, en janvier 1842 et en novembre 1859 pour la seconde.

49 : Le début du XXème siècle (1900-1939) se caractérise par une nouvelle période de crise majeure et annonce une recrudescence des épisodes de crue "courants" (niveau 1 et niveau 2) et des épisodes "importants" et/ou "exceptionnels" (niveau 3 et niveau 4). Les années 1904, 1907, 1910, 1912 et 1914 sont ainsi marquées par des crues de forte ampleur causant des dommages considérables. Après la décennie 1940, pour laquelle le manque de témoignages ne permet pas de rendre compte de la dynamique de la Charente, la période 1950-1969 connaît à nouveau une activité hydrologique importante, soulignée par l'occurrence des épisodes de crue "courants" (24 crues en 20 ans) et la raréfaction des épisodes de crue "importants" et/ou "exceptionnels". Seules les crues de novembre-décembre-janvier 1952 et de janvier 1961 viennent rompre l'atonie hydrologique de cette période.

50 : La fin du XXème siècle apparaît, dans une certaine mesure, comme une période de moindre activité hydrologique en termes de fréquence, mais elle connaît des phénomènes intenses. Deux pics de recrudescence de l'activité hydrologique de la Charente se dégagent, d'une part, les années 1980-1983 et, d'autre part, les années 1994-2000, au cours desquelles surviennent la crue centennale de décembre 1982 et la crue cinquantennale de janvier 1994, qui prennent la dimension de catastrophes. Le nombre de crues décroît ensuite rapidement au début du XXIème siècle et aucun événement important et/ou exceptionnel n'est enregistré au cours des 25 dernières années.

Extrait de la conclusion de l'article :

La fin du XVIIIème siècle semble avoir connu les phénomènes les plus intenses. En revanche, leur fréquence a été maximale à la fin du XIXème siècle. Enfin, le début du XXème siècle a été marqué à la fois par une intensité et une fréquence assez élevées.

La période d'exacerbation de l'activité hydrologique de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle résulte probablement de facteurs climatiques auxquels s'ajoute une mention systématique des phénomènes dans les sources d'archives.

La seconde moitié du XVIIIème siècle serait alors le fruit d'une crise climatique, alors que la fin du XIXème siècle et le début du XXème associeraient une crise climatique et une crise environnementale. La première serait liée aux variations climatiques agissant sur la fréquence et l'intensité des crues. La deuxième ferait référence aux dynamiques sociales, en particulier celles impactant les modes d'utilisation et de mise en valeur du bassin versant.
Bien distinguer les 2 origines, celle de l'homme venant s'aditionner à celle de la nature.
Bonsoir
Il y a peu de chances que la crue signe son origine !
crue naturelle ou crue anthropique
Saumon
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Inondations en Charente-Maritime : les évacuations se poursuivent à Saintes
 En réponse à elfifito
Bonjour
Vous écrivez : "le record étant de 6,84 m en décembre 1982."
Pas loin et récemment, on a 6.74 en 1994 et 6.77 en 1904, 6.48 en 1961.
On aurait quasiment le même niveau en 1842 (6.70 m) et un peu au dessus en 1779 (6.90 m).

je cite "Pour la période 1904-2018, les points s'alignent relativement bien, excepté pour 1982, 1904, 1923, 1994, 1936, 1961 et 1944, ce qui correspond aux hauteurs d'eau suivantes : 6,84 m, 6,77 m, 6,74 m, 6,67 m, 6,50 m, 6,46 m et 6,40 m. Or, lorsque les crues historiques depuis 1779 sont ajoutées au graphique, les hauteurs d'eau atteintes par les crues de 1982, 1904, 1923, 1994, 1936, 1961 et 1944 apparaissent être moins exceptionnelles, du fait du positionnement des crues de 1779 (6,90 m), 1842 (6,70 m), 1882 (6,35 m) et 1859 (6,32 m)."
Saumon

SOURCES
Titre "Écrire la géohistoire d'un fleuve à faible énergie : les crues de la Charente entre Angoulême et Saintes"
Écrire la géohistoire d'un fleuve à faible énergie : les crues de la Charente entre Angoulême et Saintes (open edition point ***)
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Vous pourriez certainement citer beaucoup plus d'événement passés, certainement des milliers, cela ne changera pas le fait que les scientifiques nous montrent que nous battons d'années en années tous les records, que ce soit les sécheresses, températures, inondations.
L'explication en est très simple: l'augmentation de la température globale de la planète, ces petits 1,2 degrés aujourd'hui, entraînent inévitablement des événements climatiques de plus en plus extrêmes.


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Inondations en Charente-Maritime : les habitants de Saintes dans le flou à quelques jours de Noël
 En réponse à Idefix Bavarois
Bonsoir
Ce n'est pas aussi simple que vous le dites. Au delà des ressentis et des raisonnements simplistes, si vous avez des sources scientifiques chiffrées qui appuient votre propos, citez les.
Voila l'avis de météo France :

"Automne 2023 : beaucoup de pluies et des inondations historiques"| Météo-France (meteofrance point com)
Quel lien avec le changement climatique ?

"Le cumul hivernal des précipitations varie largement d’une année à l'autre et cette variabilité qui persistera au cours du XXIe siècle.
Indépendamment de cette variabilité, les projections climatiques n’indiquent que peu d'évolution du cumul annuel des pluies en moyenne sur la France métropolitaine. Mais des tendances contrastées se dessinent à l’échelle des régions et plus encore à l’échelle des saisons.
En hiver, sous l'effet du changement climatique, les pluies seront plus abondantes sur la plupart des régions. Cette hausse est plus marquée sur le nord et l’est du pays, et particulièrement dans le scénario de fortes émissions (RCP8.5).
En été, les projections climatiques indiquent une baisse des cumuls estivaux dans les scénarios de fortes émissions (RCP8.5) et d'émissions modérées (RCP4.5). Elles ne montrent que peu d’évolution dans le scénario de faibles émissions (RCP2.6)."
Saumon





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