mardi 23 août 2022

20220823 historique canicule secheresses inondation liens

 

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Quel est le degré de température de nos grands étés ? Ici revient l’insurmontable difficulté de fixer au juste, avant l’usage du thermomètre, l’intensité du froid ou de la chaleur. Un artifice fondé sur les rapports reconnus entre certains phénomènes naturels et les mouvements du thermomètre, fournit les mesures approximatives de nos grandes chaleurs et sécheresses.

De Humboldt a posé en principe que la végétation des arbres exige au moins une température moyenne égale à 11°. Le chiffre de cette température répond encore au point où la chaleur de l’air commence à devenir sensible. Ce degré assez fixe peut être pris pour le premier terme d’une échelle de nos grandes chaleurs. Messier a quant à lui constaté que le maximum de la chaleur à Paris, le 8 juillet 1793, a marqué 40°. C’est à peu près la plus haute température, excepté celle de l’été 1705 à Montpellier, observée en France, le thermomètre au nord, isolé, à l’ombre, à l’abri des réverbérations et à l’air libre.


DATES DE NOS GRANDS ÉTÉS ET GRANDES SÉCHERESSES :

* VIe siècle : 580, 582, 584, 585, 586, 587, 589, 591

* VIIe siècle : 675, 700

* VIIIe siècle : 783

* IXe siècle : 874, 892

* Xe siècle : 921, 987, 994

* XIe siècle : 1078, 1094

* XIIe siècle : 1137, 1183, 1188

* XIIIe siècle : 1204, 1212, 1226, 1287

* XIVe siècle : 1305, 1306, 1325, 1331, 1334, 1361, 1384, 1392

* XVe siècle : 1473

* XVIe siècle : 1540, 1553

* XVIIe siècle : 1632, 1674, 1684, 1694

* XVIIIe siècle : 1701, 1712, 1718, 1719, 1726, 1727, 1767, 1778, 1793

* XIXe siècle : 1803, 1811, 1817, 1825, 1842, 1858, 1875, 1893

Les graduations intermédiaires peuvent se déduire des rapports de la température avec les mouvements de la végétation. Par exemple, les fruits à noyau fleurissent ordinairement au milieu du mois de mars, sous une chaleur extrême de 17°. La floraison des vignes et la maturité des premiers fruits se rencontrent, vers le même temps, du 15 au 30 juin : le maximum moyen de la température indique alors 32°. Les récoltes d’été, depuis celle du seigle jusqu’à celle du vin, ont lieu, année commune, entre le 20 du mois de juin et le 20 du mois de septembre ; or, la température extrême des mois de mai, juin, juillet et août, qui influent le plus sur ces récoltes, égale moyennement 35° ; enfin, au delà de 35°, si cet excès de chaleur dure assidûment plusieurs jours ou se répète trop souvent, les plantes se dessèchent et les récoltes périssent. Ainsi, on peut estimer, d’après ces évaluations approximatives, la chaleur thermométrique de nos anciens étés.

 

En 580, les arbres fleurirent une seconde fois aux mois de septembre ou d’octobre. Des pluies abondantes et des inondations terribles avaient précédé cette floraison inaccoutumée ; et la chaleur, dont elle était la suite, fut accompagnée de tremblements de terre, d’incendies et de grêles, spécialement à Bordeaux, à Arles et à Bourges. Cette seconde floraison fait supposer au moins une température printanière prolongée, soit 12° à 14° de chaleur moyenne, et 24° à 25° de chaleur extrême.

La chaleur de l’année 582 fit fleurir les arbres au mois de janvier. En 584, on eut des roses en janvier : une gelée blanche, un ouragan et la grêle ravagèrent successivement les moissons et les vignes ; l’excès de la sécheresse vint consommer ensuite les désastres de la grêle passée : aussi ne vit-on presque pas de raisins cette année ; les cultivateurs désespérés livrèrent leurs vignes à la merci des troupeaux.

Cependant les arbres, qui avaient déjà porté des fruits au mois de juillet, en produisirent une nouvelle récolte au mois de septembre, ce qui implique régulièrement 20° à 24° de chaleur moyenne, et 32° à 34° au moins de chaleur extrême ; quelques-uns refleurirent encore au mois de décembre, et les vignes offrirent à la même époque des grappes bien formées, augurant 12° à 14° de chaleur moyenne, et 24° à 25° de chaleur extrême. Les arbres refleurirent au mois de juillet 585 ; ils refleurirent encore au mois de septembre 586, et un grand nombre de ces derniers, qui avaient déjà porté des fruits, en produisirent une seconde fois jusqu’aux fêtes de Noël. Au mois d’octobre 587, après la vendange, les vignes présentèrent de nouveaux jets avec des raisins bien formés.

Les arbres refleurirent pendant l’automne de 589, et ils donnèrent ensuite d’autres fruits : on eut aussi des roses au mois de novembre. La sécheresse excessive de 591 consuma toutes les prairies. Celle du long été de 874 fit manquer les foins et les blés. Les mois d’avril et de mai 892 furent en proie à une extrême sécheresse. L’année 921 se fit remarquer par de nombreux orages. Des chaleurs intenses et une sécheresse extrême régnèrent depuis, presque sans interruption, pendant les mois de juillet, août et septembre. L’extrême chaleur de l’été de 987 réduisit de beaucoup les récoltes. En 994, la disette des pluies tarit les fleuves, fit périr les poissons dans la plupart des étangs, dessécha beaucoup d’arbres, brûla les prairies et les moissons.

L’été de 1078 fut encore très sec : la vendange s’avança d’un mois ; c’est un signe de chaleurs précoces et d’une intensité moyenne de 24° à 25° au moins, et d’une intensité extrême de 35° au moins. Le vin fut abondant et fort bon. En 1094 la sécheresse fut extraordinaire. Celle de 1137 se déclara au mois de mars et persévéra jusqu’au mois de septembre, tarissant aussi les puits, les fontaines et les fleuves. Une sécheresse insolite accompagna la grande chaleur de 1183 ; elle sécha dans plusieurs endroits les rivières, les fontaines et les puits. Les mêmes phénomènes trahissent la sécheresse de 1188 : un grand nombre d’incendies se déclarèrent à Tours, à Chartres, à Beauvais, à Auxerre, à Troyes, etc.

Il ne plut pas ou presque pas pendant les mois de février, mars et avril 1204 : de fortes chaleurs succédèrent à ces trois mois de sécheresse. L’année 1212 fut très sèche. L’extrême sécheresse de l’année 1226 entraîna la ruine de presque toutes les récoltes d’été : l’automne de cette année se montra encore chaud et sec ; enfin, un hiver sec, très froid prolongea la sécheresse jusqu’au mois de février suivant. Cette chaleur sèche continue produisit dans toute la France une quantité prodigieuse de vin. Il ne plut pas pendant tout l’été 1287 ; les puits et les fontaines tarirent.

En 1305, il y eut une grande sécheresse en été ; la sécheresse fut aussi excessive en 1306 au printemps et en été. La sécheresse fut si grande en 1325, qu’on eut à peine la valeur de deux jours de pluie dans le cours de quatre lunaisons : il y eut cette année-là une chaleur excessive mais sans éclairs, tonnerres ni tempêtes, peu de fruits, seulement les vins furent meilleurs que de coutume. En 1331, aux longues pluies qui avaient duré depuis le commencement du mois de novembre de l’année précédente jusqu’au commencement de cette année, succéda une si grande sécheresse qu’on ne put labourer la terre à cause de sa dureté. L’hiver suivant fut pluvieux et très peu froid ; il n’y eut presque pas de gelées.

La sécheresse de l’été 1334 fut suivie d’un hiver très humide ; il y eut beaucoup de vins, mais moins chauds que l’année précédente. Les sources tarirent pendant l’été de 1384 par le manque de pluies et la sécheresse insupportable qui régna dans toute la France. La sécheresse opiniâtre de l’été 1392 tarit les sources et empêcha les plus grands fleuves de la France d’être navigables. L’été de 1473 fut très chaud : la chaleur se prolongea depuis le mois de juin jusqu’au 1er décembre ; il n’y eut ni froid, ni gelées avant la Chandeleur. Labruyère-Champier et Fernel ont signalé les grandes chaleurs générales de l’été de 1540. En 1553, la chaleur brûlait tout au mois de juin.

La sécheresse de 1632 dura depuis le 12 juillet jusqu’au 15 septembre. Nous mesurons plus sûrement, grâce aux observations thermométriques, les degrés de chaleur des grands étés suivants. L’année 1684, classée par J.-D. Cassini au nombre des plus chaudes, dans un tableau des grandes chaleurs de Paris, qui comprend quatre-vingt-deux ans, a présenté, seulement sous ce climat, soixante-huit jours d’une température de 25°, entre midi et trois heures ; seize jours d’une température de 31°, et trois jours d’une température de 35°. Ainsi le thermomètre s’éleva trois fois, de midi à trois heures, le 10 juillet, le 4 et le 8 août, à 35° au moins. Les observations udométriques commencées en France par Lahire, en 1689, ne fournissent pas moins d’exemples de ces grandes sécheresses. Les plus considérables depuis cette époque appartiennent aux années 1694, 1719, 1767, 1778, 1793, 1803, 1817, 1825, 1842, 1858, 1875, 1893. A Paris, le thermomètre marqua 40° à trois heures et demie le 17 août 1701.

Vignoble de Meursault au XVIII<sup>e</sup> siècle, près de Beaune. Dessin de J.-B. Lallemand

Vignoble de Meursault au XVIIIe siècle, près de Beaune. Dessin de J.-B. Lallemand.

Les deux années de 1718 et 1719 eurent l’une et l’autre des chaleurs sèches, violentes, longues et soutenues. A Paris, le 7 août 1718, le thermomètre de Lahire, malgré son exposition défavorable, indiqua néanmoins vers trois heures de l’après-midi 35° ou 36° : il s’éleva aux mêmes chiffres le 11, le 21 et le 23. Un hiver très doux succéda à ces chaleurs. La plupart des arbres se couvrirent de fleurs dès le mois de février et de mars 1719.

Les fortes chaleurs reparurent avec le mois de juin. Plus intenses que celles de l’année précédente, elles durèrent aussi beaucoup plus longtemps. A Paris, le thermomètre de Lahire indiqua au maximum une température de 37° ; en outre, la table de Cassini attribue à cet été quarante-deux jours d’une température de 31° ; enfin, les chaleurs ont persévéré trois mois et demi, depuis le mois de juin jusqu’à la moitié du mois de septembre. L’extrême abaissement des eaux de la Seine au pont de la Tournelle, durant cette année si sèche, donna le zéro des mesures pour les hauteurs variables de ce fleuve. Le père Feuillée, cité par Maraldi, écrivait en même temps de Marseille que des chaleurs insolites y avaient fait refleurir les arbres au mois d’octobre, et qu’ils s’étaient plus tard chargés de nouveaux fruits. Les froids survenus au mois de décembre empêchèrent ces fruits de grossir comme à l’ordinaire, mais ils ne les empêchèrent pas d’aboutir à une parfaite maturité. Le père Feuillée ajoute qu’il a cueilli, le 18 décembre, des cerises et des pommes complètement mûres.

L’été de 1726 débuta vers la fin du mois de mai, continua ensuite durant les mois de juin, de juillet et d’août. Cassini y a compté à Paris soixante-deux jours d’une température de 25°, et dix jours d’une température de 31°, sa plus grande chaleur, observée le 27 et le 28 août, ayant égalé environ 34°. Les fruits mûrirent un mois plus tôt qu’à l’ordinaire. Le maximum de la chaleur fut beaucoup plus précoce en Provence. A Toulon et à Aix, il eut lieu le 13 et 14 juillet. C’est en 1726 que Delande vit à Brest son baromètre parfaitement immobile depuis le 2 février jusqu’au 1er septembre.

Les chaleurs de l’année 1727 ont duré bien davantage. Après un hiver modéré, le thermomètre commença à monter le 7 février. Le 10 mai suivant, il marquait déjà, au lever du soleil, 18°, et à deux heures le soir près de 27°. Les chaleurs se soutinrent en augmentant pendant les mois de juillet et d’août. Le 7 de ce dernier mois, à trois heures de l’après-midi, elles atteignirent le maximum de 35° ; depuis, la température ne cessa d’être élevée le reste du mois d’août et dans le cours du mois de septembre.

L’été de 1778 eut aussi des chaleurs fortes, longues et constantes. Sous leur influence, plusieurs arbres fruitiers fleurirent une seconde fois ; deux ceps de vigne en espalier contre le mur de l’ancien corps de garde du quai Malaquais, à Paris, offrirent même le 10 octobre, après avoir refleuri, des grappes assez grosses. Mourgue et Lamanon ont signalé les mêmes chaleurs, l’un à Montpellier et l’autre à Salon. Ces chaleurs insolites régnèrent principalement dans les mois de juillet et d’août ; elles furent sèches et sans nuages : ce grand été se fit d’ailleurs remarquer par la fréquence des inondations, des orages, des ouragans et des tremblements de terre.

Les chaleurs de l’été 1793 éclatèrent brusquement. Les mois de mai et de juin avaient été très froids ; il avait gelé à glace durant ces deux mois, il était tombé beaucoup de neige sur les Alpes et d’autres montagnes ; enfin, on avait vu dans la basse Autriche des chariots chargés traverser une rivière à la fin du mois de juin. Les grandes chaleurs commencèrent à paris le 1er juillet ; à Montmorency, après le 4. Elles augmentèrent si rapidement, que la journée du 8 figure déjà parmi les époques de leur maximum. Pendant tout le mois, le thermomètre se balança, au milieu du jour, entre 40° et 25° à 26°, en indiquant douze fois 24° à 34°, et dix fois 34° à 40° ; son élévation ne fut guère moindre les dix-sept premiers jours du mois d’août. Le maximum de la chaleur a donné 38°4 le 8 juillet à l’Observatoire royal de paris, et 40° le 16 du même mois à l’Observatoire de la marine. Durant ces grandes chaleurs, le vent resta fixé au nord, le ciel fut presque toujours beau, clair et sans nuages.

Ces grandes chaleurs ont été très sèches, quoique entrecoupées de violents orages, lourdes et accablantes ; elles différèrent peu du jour à la nuit et du matin au soir. Les objets exposés au soleil s’échauffaient à un tel degré qu’ils étaient brûlants au toucher. Des hommes et des animaux moururent asphyxiés, les légumes et les fruits furent grillés ou dévorés par les chenilles. Les meubles et les boiseries craquaient, les portes et les fenêtres se déjetaient ; la viande, fraîchement tuée, ne tardait pas à se gâter. Une transpiration incessante macérait la peau, et le corps nageait continuellement dans un bain de sueur fort incommode. C’est surtout le 7 juillet qu’on a pu constater de semblables effets. Le vent du nord vint apporter ce jour-là une chaleur si extraordinaire, qu’il paraissait s’exhaler d’un brasier enflammé ou de la bouche d’un four à chaux. Cette chaleur était étouffante, régnait par un ciel très clair, arrivait par bouffées intermittentes, et produisait à l’ombre une impression aussi brûlante que celle des rayons du soleil le plus ardent.

En 1803, il plut très peu du 4 juin au 1er octobre. La pluie augmenta vers le commencement d’octobre ; après quoi, la sécheresse reprit et se soutint de nouveau jusqu’au 9 novembre. Cette sécheresse continua donc quatre mois de suite et plus de cinq mois en tout, sauf la courte interruption des premiers jours d’octobre. Les puits et les fontaines tarirent. A Paris, le petit bras de la Seine resta presque à sec, et le niveau du fleuve indiqua, le 21 et le 27 novembre, 24 centimètres au-dessous de zéro. Dans quelques départements, l’eau manquait absolument ; on allait en chercher à trois ou quatre lieues, et il en coûtait trente sous pour abreuver un cheval.

En 1811, les chaleurs furent partout précoces, intenses et prolongées. Les moyennes mensuelles de la température de Paris dépassent, cette année, de plusieurs degrés, les mois de janvier et d’août exceptés, les moyennes mensuelles déduites de vingt-et-un ans. Cet excès de chaleur éclata tout d’un coup dès le mois de février ; elle se soutint presque sans interruption, ou plutôt en augmentant de mois en mois, pendant les mois de mars, d’avril et de mai, avant de marquer une pause.

A Nancy, la chaleur commença le 15 mars, et persista avec opiniâtreté jusqu’au 6 août. Cette chaleur sèche tarit de bonne heure un grand nombre de ruisseaux que personne n’avait jamais vus à sec, compromit les prés et les semailles printanières, avança toutes les récoltes et rendit fort abondante celle des grains et des raisins. La vigne fleurit le 24 mai, au lieu de fleurir vers le 24 juin. La moisson eut lieu du 10 au 20 juillet, et la vendange dès le 8 septembre. Dans le Midi, les vents du sud, vents chauds, humides et étouffants, se prolongèrent en Provence jusqu’à la fin de l’année. Au midi comme au nord, la chaleur et la sécheresse de 1811 épuisèrent la plupart des sources, desséchèrent les torrents et les fleuves, précipitèrent la maturité des fruits, consumèrent les plantes fourrageuses, et favorisèrent, en général, les récoltes de vin.

L’été de 1842 mérite aussi de compter parmi nos grands étés, sa chaleur étant plus intense dans le nord que dans le Midi. A Paris, elle commença dès le 5 juin, et se prolongea à travers de rares intermittences jusqu’au mois de septembre. Le caractère de cette chaleur, en générale orageuse et sèche, la rendait encore plus sensible. Beaucoup de marronniers de nos jardins publics, qui avaient perdu leurs feuilles au mois de juillet, refleurirent à la fin du mois d’août

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Hivers (Grands) à travers les siècles :

froids extrêmes et rigoureux

(D’après « Des changements dans le climat de la France :

histoire de ses révolutions météorologiques », paru en 1845)

Publié / Mis à jour le LUNDI 6 FÉVRIER 2012, par LA RÉDACTION

Nombreux furent les hivers dont la rigueur extrême marqua les esprits des chroniqueurs du temps qui en consignèrent les effets néfastes sur les populations et les cultures : ainsi de l’hiver 1141-1142 durant lequel le sol était recouvert de neige du 6 décembre au 2 février ; de celui de 1479-1480, les charrettes traversant la Seine, la Marne, l’Yonne et tous leurs affluents ; du début de l’année 1544 pendant lequel le vin devait être coupé à la hache ; du froid de 1709 congelant l’étang de Thau, en Provence ; de l’hiver 1788-1789 durant lequel la masse des glaces obstrua notamment le port de Calais

En 547, on traversa nos rivières sur !a glace. Le froid de 763 commence 1er octobre et se prolonge jusqu’en février 764. De 821 à 822, nos fleuves supportèrent des chariots pendant plus de trente jours. En 860, les gelées et les neiges durent sans interruption depuis le mois de novembre jusqu’au mois d’avril ; la mer Ionienne est gelée. On allait à Venise à cheval. En 873, les gelées et les neiges continuèrent aussi sans interruption depuis le 1er novembre jusqu’à l’équinoxe du printemps.

Paysage d'hiver, par Gysbrecht Lytens

 

Paysage d’hiver, par Gysbrecht Lytens

La rigueur de l’hiver de 994 s’étendit du 15 novembre au 15 mai ; on eut ensuite des vents froids très dangereux, et, plus tard encore, de violentes gelées jusqu’au 12 du mois de juillet. Un hiver horrible se déclara le 13 novembre 1067 et se prolongea jusqu’au 12 mars de l’année suivante. En 1074, il y eut de grandes gelées du 1er novembre au milieu d’avril. D’abondantes neiges tombèrent dès la fin d’octobre 1076 et continuèrent avec un froid excessif jusqu’au 27 mars 1077. De 1124 à 1125, les glaces des rivières purent supporter des voitures chargées ; beaucoup d’enfants et de femmes moururent de froid. Des alternatives de gelées, de pluies et de neiges, succédèrent à ce froid si rude jusqu’au milieu du mois de mars. Les arbres ne commencèrent à fleurir et la terre ne se couvrit de verdure que dans le mois de mai.

En 1142, le sol resta enseveli sous une couche profonde de neige, du 6 décembre au 2 février. Le 29 septembre 1218, de fortes gelées blanches, accompagnées de neiges, régnèrent sept jours de suite et détruisirent, au moment même de la vendange, la majeure partie du raisin. Une gelée cruelle et de nouvelles neiges survinrent après le 30 octobre, et persistèrent sans relâche jusqu’au 6 décembre : on traversait sur la glace nos plus grands étangs et les plus fortes rivières, entre autres la Loire et la Seine. Le froid s’amortit un peu à l’arrivée des vents du sud, mais il ne tarda pas à se réveiller tout à coup par le retour des vents du nord. Alors les gelées et les neiges devinrent continuelles jusqu’au milieu du mois de mars. Des vents froids insupportables survécurent enfin à ces gelées meurtrières en sorte qu’au milieu du mois de mai, les champs dépouillés avaient à peine quelques épis, et les vignes quelques bourgeons. Dans beaucoup d’endroits, la gelée fut si fatale qu’elle obligea à labourer et à ensemencer deux fois les champs.

Une très forte gelée sèche et claire, précédée d’un automne chaud et sec, régna sans discontinuer du 1er novembre 1226 au 5 février 1227 : elle tua les oliviers. L’hiver de 1233 à 1234 fut aussi long que rigoureux ; il gela le Rhône et toutes les plantes du Midi jusque dans les racines. Jamais, de mémoire d’homme, on n’avait vu un hiver aussi cruel que celui de 1296. L’année 1302 eut un froid excessif. Le Rhône gela et nos oliviers périrent. En 1305, toutes les rivières de France gelèrent. Les froids de l’hiver de 1325 furent si rudes, que la Seine gela deux fois en peu de temps ; elle put porter des hommes et des tonneaux pleins. Toutes nos rivières gelèrent de nouveau en 1364 ; la gelée, accompagnée de neige, dura jusqu’à la fin de mars ; les vignes gelèrent en plusieurs endroits jusque dans les racines ; des caves très profondes, quoique protégées par de la paille, ne furent pas à l’abri des gelées. Des chariots chargés traversaient le Rhône la glace avait dans quelques endroits quinze pieds d’épaisseur.


L’année 1392 et aussi un très grand froid. L’hiver de 1408 commença le 11 novembre et ne se termina qu’à la fin de janvier ; il gela toutes nos rivières et détruisit la racine des vignes et des arbres fruitiers. À Paris, les voitures roulaient sur la Seine. En 1434, les gelées se déclarèrent le 31 décembre 1433, persistèrent d’abord pendant trois mois moins neuf jours ; elles se renouvelèrent ensuite jusqu’à la fin du mois de mars et continuèrent jusqu’au 17 avril ; en 1442, la neige était haute de plus de six pieds dans les rues de Carcassonne. La reine fut retenue dans cette ville pendant trois mois.

Petite fille dans la neige, par Louis-Simon Lassalle


Petite fille dans la neige, par Louis-Simon Lassalle

L’hiver de 1449 à 1450 fut très froid, très humide et fort neigeux ; il s’annonça dès le mois d’octobre ; nos oliviers périrent. Les vins du duc de Bourgogne gelèrent dans !es tonneaux, en 1468 ; on les distribuait par morceaux aux gentilshommes. Beaucoup de personnes moururent de froid ; d’autres eurent les extrémités gelées. L’hiver de 1480 ne commença que le lendemain de !a Noël ; alors, il gela si fort jusqu’au 8 février, que les charrettes traversaient la Seine, la Marne, l’Yonne et tous leurs affluents. Le froid continua après le dégel du 8 février jusque bien avant dans le mois de mai. Les souches des arbres périrent dans plusieurs endroits. Le froid de 1543 à 1544 gela le vin dans les muids, il fallait le couper avec la hache. Le froid de 1548 régna dans toute l’Europe.

En 1564, les rivières restèrent gelées à porter des charrettes pendant deux mois entiers ; le froid tua nos oliviers. L’hiver de 1570 à 1571 gela les rivières pendant trois mois ; les arbres fruitiers furent brûlés jusque dans les racines ; il succédait à une année nébuleuse, chaude et très-humide. L’hiver de 1575 fut un des plus rigoureux. Le froid de l’hiver de 1589 fut si rude qu’il gela entièrement le Rhône ; les mulets, les voitures, les charrettes, tout le traversait à Tarascon comme sur une grande route. Le colonel Alfonse y lit même passer à deux ou trois reprises des canons ; le maréchal de Montmorency le franchit ensuite avec sa compagnie de gendarmes. De 1594 à 1595, un froid rigoureux se déclara le 23 décembre, les gelées reprirent le 13 avril 1595, et il gela ce jour-là aussi fortement que le jour de Noël précédent ; la mer se prit sur les côtes de Marseille. En 1608, toutes nos rivières gelèrent : le froid dura depuis le mois de décembre jusqu’au mois de mars ; il tua toutes les vignes. L’hiver de 1621 à 1622 fut excessif en Europe. La mer Adriatique se prit du mois de décembre au mois de janvier. Celui de 1658, non moins général, fit périr nos oliviers ; il s’accompagna de grandes neiges.

Le froid de 1709 éclata le 6 janvier et se prolongea jusqu’au 24 : la gelée recommença au mois de février et dans les premiers jours de mars ; toutes nos rivières, excepté peut-être la Seine à Paris et le Rhône devant Viviers, furent entièrement gelées. Les grands étangs du Languedoc et de la Provence gelèrent aussi. La congélation de l’étang de Thau, très profond, très orageux, et en communication avec la mer par un canal très large, si complète et si solide, qu’elle ouvrit une route inconnue de Balaruc et de Bousigues à Cette sur la glace ; enfin la mer même se gela au loin à Cette, à Marseille et dans la Manche. Les gelées et les neiges de 1709 ruinèrent à peu près la plupart de nos récoltes ; tous les oliviers périrent de Perpignan à Nice.

L’année 1766 eut de rudes gelées aux mois de janvier et de février la Seine gela à Paris par un froid de -12°5 ; il y eut trente-deux jours de gelée à Viviers, et 37 à Montpellier. Le froid de Viviers atteignit -11°2 et -10° à Montpellier. Une sécheresse constante régna ici pendant le cours de ces gelées. Un froid rigoureux sévit encore en 1768. A Paris, le thermomètre descendit à –18°2 ; à Viviers, à –12°5 et à Montpellier à –10°. Le froid de cet hiver, accompagné de neiges, commença au mois de décembre, son maximum arriva les premiers jours de janvier.

Louis XVI distribuant des aumônes aux pauvres de Versailles pendant l'hiver de 1788, par Louis Hersent

 

Louis XVI distribuant des aumônes aux pauvres de Versailles pendant l’hiver de 1788, par Louis Hersent

L’hiver de 1789, beaucoup plus intense, gela nos rivières, nos ports de mer et la mer sur nos côtes ; la masse des glaces intercepta la communication de Calais à Douvres, couvrit la Manche à deux lieues au large, obstrua les ports de ces parages et emprisonna les navires. Le froid, mêlé de neige, se montra tout d’un coup vers la fin de novembre 1788 ; il régna depuis, sauf quelques courtes interruptions, jusqu’au mois d’avril 1789. On traversait le Rhône elles autres rivières à pied, à cheval, en voiture et, dans quelques endroits, avec les charrettes les plus chargées. Les oliviers, les vignes et les arbres fruitiers souffrirent beaucoup ou périrent. Le froid et la neige de 1795 tuèrent aussi les oliviers. A Montpellier, il gela continuellement du 15 au 26 janvier ; le maximum du froid observé le 17 indiqua –9°. A Paris, le thermomètre marqua –23°5 le 25 janvier, et il y eut quarante-deux jours consécutifs de gelée. L’hiver de 1799 fit encore beaucoup souffrir les oliviers ; le froid, à Paris, arriva le 31 décembre à -13°1.

L’hiver de 1820 n’a été nulle part en France ni soutenu ni long. Une chaleur et une sécheresse insolites le précédèrent. Il commença par de petites gelées, suivies tout d’un coup, du 7 au 9 janvier, d’un froid violent. Le maximum eut lieu presque partout du 11 au 12 ; il produisit à Paris –14°3 ; à Toulouse, -13°8 ; à Viviers, -12° ; à Alais, -12°2 ; à Montpellier, -11°2 ; à Joyeuse, -15° ; à Bordeaux, -8°8 ; preuve qu’il fut plus intense, à proportion, au Midi qu’au Nord. Mais c’est en Provence principalement qu’il déploya sa rigueur. Le thermomètre descendit à -15°6, et à Marseille en particulier, il marqua jusqu’à –17°5. Ces rudes gelées ne durèrent guère que huit ou dix jours. Le vrai dégel s’est opéré généralement le 18 janvier. Le froid de cet hiver a tué tous nos orangers et compromis plus ou moins les vignes et surtout les oliviers.

L’hiver de 1829 à 1830 a débuté les premiers jours d’octobre. Le froid s’est amendé et exaspéré alternativement à trois reprises. Presque toutes nos rivières se sont gelées deux ou trois fois en totalité ; on les a parcourues de pied ferme aux mois de décembre et de février, notamment la Seine, le Rhin et le Rhône. Ce n’est qu’au mois d’avril qu’il a cessé de geler. Ce froid, accompagné de neiges, fut aussi rude que prolongé. Des hommes et des animaux moururent de froid, soit dans les campagnes, soit dans les cités. Les travaux champêtres restèrent suspendus trois mois entiers ; les oliviers et les vignes ne purent résister à la violence des gelées ; les arbres fruitiers périrent par centaines, les châtaigniers et les chênes même subirent le sort des vignes et des arbres fruitiers

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https://www.herodote.net/Mortelles_canicules-synthese-2294.php

Climat

Mortelles canicules

Sous nos latitudes tempérées, la mortalité est habituellement plus élevée en hiver que dans les autres saisons, les personnes âgées ou malades supportant mal les baisses de température et le raccourcissement des jours. Pour cette raison, nous sommes davantage effrayés par les hivers rudes que par les étés caniculaires. Pourtant, les chroniques montrent que les pics de chaleur, avec la sécheresse, les épidémies et les incendies qui les accompagnent, ont toujours causé davantage de dommages et de victimes que les grands froids.

Avec le réchauffement climatique en cours, ces calamités ont toute probabilité de se reproduire d'année en année avec une intensité croissante si aucun remède n'est porté à notre surconsommation d'énergie fossile : autos, avions, agro-industrie... Au moins sommes-nous avertis ! Rien à voir avec la canicule de 2003, en France, quand les journalistes n'ont rien vu du drame en cours...

Julien Colliat

La Une du Monde le 10 septembre 2003.

L'eau, quel malheur !

Contrairement à une idée reçue, les épisodes de sécheresse furent au cours des siècles passés bien moins préjudiciables sur les rendements agricoles que les étés pluvieux.

L’orage, par Henry Monnier et Pierre-Jean de Béranger, lithographie, 1828, BnF Paris.Un exemple significatif est le terrible orage qui frappa la France le 13 juillet 1788 et détruisit les récoltes de blé, provoquant une disette qui ne sera pas sans lien avec les événements révolutionnaires qui allaient suivre un an plus tard. 

Si les étés caniculaires ont été à l’origine de catastrophes sanitaires récurrentes, c’est d’abord en raison des pénuries d’eau, le niveau des nappes phréatiques baissant drastiquement lors des épisodes de sécheresse.

Moins abondante, l’eau devient plus vaseuse et sa consommation génère des infections bactériennes, telles que la dysenterie, une maladie des intestins qui fut un véritable fléau. Au Moyen Âge, la dysenterie emporta ainsi de nombreux souverains : Louis VI le Gros, Louis VIII, Saint Louis, Philippe V, Jean sans Terre ou encore Édouard Ier et Henri V d’Angleterre.

Au cours des siècles suivants, elle coûta la vie au conquistador Hernan Cortès, à l’écrivain Étienne de la Boétie, au corsaire Francis Drake ainsi qu’à l’explorateur David Livingstone.

Origine du mot canicule

Apparu à la fin du XVe siècle, le mot « canicule » vient du latin canicula qui signifie « petite chienne ». C’est sous ce nom qu’avait été baptisée Sirius, principale étoile de la constellation du Grand Chien, et étoile la plus brillante du ciel après le Soleil. Sirius se lève et se couche en même temps que le Soleil du 22 juillet au 23 août. Comme c’est durant cette période que les fortes chaleurs sont les plus fréquentes, l’expression « jours de canicule » qui renvoyait à l’origine à la période de l’année où l’étoile était visible, a progressivement fini par désigner les journées extrêmement chaudes.

En 1707, deux ans avant le « Grand Hyver », une Chaleur excessive, La Quinte (Sarthe), registre BMS, Archives Départementales de la Sarthe. Il est écrit : En cette année il sest fait au mois de Juillet pendant 3 jours, une chaleur si vive que plusieurs personnes en ont été etouffés, des boeufs en sont morts sous le joug.  Le Saint-Esprit enflamme les cœurs de lumière éternelle. Libère-nous, Ô bon Jésus, des flammes de l’enfer.

Les terribles étés 1636, 1705 et 1719

Le nombre des victimes des grandes chaleurs de l’Antiquité et du Moyen Âge sont très difficiles à évaluer, les surmortalités estivales se confondant avec les épisodes de famines ou d’épidémies de peste. Il faut véritablement attendre le XVIIe siècle pour commencer à disposer des premières données chiffrées.

1636 : 500 000 morts

En 1636, année où Corneille écrit le Cid, un été caniculaire frappe la France, et plus précisément la capitale où les témoins décrivent « un effroyable harassement de chaleur » qui se maintient pendant plusieurs semaines. Cette terrible vague de chaleur et les maladies infectieuses qu’elle engendre vont provoquer la mort de 500 000 personnes.

Un chroniqueur du nord de la France témoigne : « Cette année 1636 a été mémorable pour la grande mortalité et contagion qui a été très forte par tous les pays, villes et villages, ayant emporté une bonne partie des créatures partout où elle s’est attachée (…) une infinité de monde qui est mort par fièvres chaudes, dysenteries. »

En 1705, quatre ans seulement avant l’un des pires hivers de l’Histoire, la France dut de nouveau faire face à un été caniculaire. À Paris, les 39 degrés sont atteints durant plusieurs jours tandis que dans le sud du royaume la chaleur est telle que les thermomètres sont brisés par la dilatation du liquide. Cette canicule sera suivie par deux autres étés extrêmement chauds. Leur bilan humain total est évalué entre 200 000 et 500 000 victimes, une nouvelle fois causées par les infections de l’eau.

Nuage de sauterelles au Sahara vers 1891, illustration extraite du n°113 de la revue l'Algérianiste. Mais le pire était encore à venir. En 1718 et 1719, deux étés caniculaires se succèdent. Durant le second, les fortes chaleurs s’étalent sans discontinuer de juin à la mi-septembre. Une forme de climat saharien s’abat sur la région parisienne et les témoins rapportent même l’invasion de nuées de sauterelles en provenance d’Afrique du Nord. Elles ravagent les cultures jusqu’en Normandie !

La sécheresse est si importante qu’à Paris, la Seine atteint son plus bas niveau historique. C’est à ce niveau record (26,25 mètres au-dessus du niveau de la mer) que correspond la cote zéro de l'échelle hydrométrique du pont de la Tournelle, autrefois utilisée pour mesurer la crue de la Seine.

Ces deux étés caniculaires saignent à blanc le royaume : 700 000 morts (dont 450 000 pour la seule année 1719) pour un pays qui compte une vingtaine de millions d’habitants. Les victimes sont essentiellement des bébés et des enfants, atteints de dysenterie véhiculée par l’infection des eaux devenues trop basses.

Au cours du XVIIIe siècle, d’autres étés caniculaires entraînent des pics de mortalité considérables. Les étés 1747 et 1779 font ainsi chacun près de 200 000 victimes. À chaque fois, dans l’indifférence quasi-générale, ce sont des générations entières de nourrissons qui sont décimées par les maladies infectieuses en conséquence de la chaleur et de la sécheresse.

Le Petit Journal, la canicule parisienne à la Une du 9 septembre 1895, BnF Paris.

Trente-sept, sept... à l'ombre ! Et on nous promet davantage !

Les titres de la presse parisienne de 1911, comme ici Le Journal du 10 août 1911, sont éloquents : les citadins sont désemparés face aux épisodes caniculaires. Comme aujourd'hui, on se plaît à aligner des records de température... (source : BNF, Retronews).

Voir le document

L’été meurtrier de 1911

Au XIXe siècle, les deux canicules les plus meurtrières eurent lieu en 1846 et 1859 (année marquée par l’un des mois de juillet les plus chauds de l’histoire). Les bilans humains furent néanmoins légèrement plus faibles qu’au siècle précédent, avec à chaque fois une centaine de milliers de victimes. Les améliorations sanitaires de la seconde moitié du XIXe siècle réduisent considérablement les pics de mortalité des vagues de chaleur.

Alors que les scientifiques de la « Belle Époque » affirment que les catastrophes humaines du passé sont à jamais révolues, un nouvel été caniculaire va totalement remettre en cause les présupposés hygiénistes de l’époque...

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https://www.geneacaux.fr/spip/spip.php?article527

En cette fin de juin 2019, la France s’apprête à traverser plusieurs jours de chaleurs !

Personne n’a oublié la canicule de l’été 1976 , entre le 22 juin et le 14 juillet, une des plus marquantes du XX ème siècle ! Puis, plus récemment, celle de l’été 2003, de mai à août. Selon les scientifiques, le réchauffement planétaire en cours pourrait atteindre 1,1° à 6, 4° C d’ici 2100. Nos ancêtres n’ont rien connu d’aussi rapide !

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Nous en retrouvons traces dans un certain nombre de fonds d’archives sous la forme de déclarations de sinistres, de demandes de dédommagement, de description de faits marquant les mémoires, laissant entrevoir les difficultés rencontrées sur le plan de la vie locale, économique et sociale : habitations endommagées, cheptels décimés, récoltes perdues, voies de communication coupées. A l’hiver les fortes gelées, au printemps les violentes grêles et pendant l’été les gros orages dévastent les cultures de blés, d’autres céréales, de légumineuses et d’arbres fruitiers.

Dès le Moyen Âge, nos ancêtres consignaient les grosses chaleurs, les grandes gelées et les grêles dévastatrices dans les registres paroissiaux, les livres de raison ou les archives des abbayes.

Parmi quelques actes répertoriés, on trouve, pour mémoire, l’orage de Saint Gille de la Neuville du 10 juillet 1786 et le procès-verbal des événements climatiques survenus à Saint Germain des Essourts le 2 août 1703.

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(Saint Gilles de la Neuville 10 juillet 1786)

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L’univers d’un paysan alsacien du XIX -ème siècle, son quotidien et les aléas climatiques :


http://histoiredevalff.fr/habitants/11-habitants/71-florent-wucher-fragments-d-une-vie-episode-1

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Quelques événements marquants en France et plus particulièrement en Normandie :


En 1095, une sécheresse fut propice aux épidémies qui faucha de nombreuses personnes dans la presqu’île de Jumièges .


Au XVI ème siècle, en 1540, le monde entier traverse une sévère sécheresse entre mars et octobre.


En 1524, la chaleur torride favorisant l’incendie de Troyes, détruit 1500 maisons et quelques églises.


En 1545, nouveau coup de chaud et nouvelle montée du prix des céréales. C’est l’une des plus importantes crises de subsistances du siècle, et provoquée par la chaleur !


En 1556, la vendange a lieu le 1er septembre tant l’été a été brûlant ! Un curé note que « ladite sécheresse accéléra les moissons près d’un mois plus tôt que de coutume ». La moisson se révèle médiocre, en quantité mais pas en qualité. Le sire de Gouberville, qui vit dans le Cotentin, relève la brève pluie du 1er juin, la première depuis le commencement d’avril. En juillet des incendies de forêt sont signalés dans cette Normandie d’ordinaire plus humide.


En 1636, année où Corneille écrit le Cid, un été caniculaire frappe la France, et plus précisément la capitale où les témoins décrivent « un effroyable harassement de chaleur » qui se maintient pendant plusieurs semaines. Cette terrible vague de chaleur et les maladies infectieuses qu’elle engendre vont provoquer la mort de 500 000 personnes.


En 1705, quatre ans seulement avant l’un des pires hivers de l’Histoire, la France dut de nouveau faire face à un été caniculaire. À Paris, les 39 degrés sont atteints durant plusieurs jours tandis que dans le sud du royaume la chaleur est telle que les thermomètres sont brisés par la dilatation du liquide. Cette canicule sera suivie par deux autres étés extrêmement chauds. Leur bilan humain total est évalué entre 200 000 et 500 000 victimes, une nouvelle fois causées par les infections de l’eau.


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(Saint Germain les Essourts 2 août 1703)

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En 1718 et 1719, deux étés caniculaires se succèdent. Durant le second, les fortes chaleurs s’étalent sans discontinuer de juin à la mi-septembre. Une forme de climat saharien s’abat sur la région parisienne et les témoins rapportent même l’invasion de nuées de sauterelles en provenance d’Afrique du Nord. Elles ravagent les cultures jusqu’en Normandie ! Ces deux étés caniculaires saignent à blanc le royaume : 700 000 morts (dont 450 000 pour la seule année 1719) pour un pays qui compte une vingtaine de millions d’habitants. Les victimes sont essentiellement des bébés et des enfants, atteints de dysenterie véhiculée par l’infection des eaux devenues trop basses.


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Au cours du XVIIIe siècle, d’autres étés caniculaires entraînent des pics de mortalité considérables. Les étés 1747 et 1779 font ainsi chacun près de 200 000 victimes. À chaque fois, dans l’indifférence quasi-générale, ce sont des générations entières de nourrissons qui sont décimées par les maladies infectieuses en conséquence de la chaleur et de la sécheresse.


Les chaleurs de l’été 1793 éclatèrent brusquement. Les grandes chaleurs commencèrent à paris le 1er juillet ; à Montmorency, après le 4. Elles augmentèrent si rapidement, que la journée du 8 figure déjà parmi les époques de leur maximum. Pendant tout le mois, le thermomètre se balança, au milieu du jour, entre 40° et 25° à 26°, en indiquant douze fois 24° à 34°, et dix fois 34° à 40° ; son élévation ne fut guère moindre les dix-sept premiers jours du mois d’août. Le maximum de la chaleur a donné 38°4 le 8 juillet à l’Observatoire royal de paris, et 40° le 16 du même mois à l’Observatoire de la marine. Durant ces grandes chaleurs, le vent resta fixé au nord, le ciel fut presque toujours beau, clair et sans nuages


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Au XIXe siècle, les deux canicules les plus meurtrières eurent lieu en 1846 et 1859 (année marquée par l’un des mois de juillet les plus chauds de l’histoire). Les bilans humains furent néanmoins légèrement plus faibles qu’au siècle précédent, avec à chaque fois une centaine de milliers de victimes. Les améliorations sanitaires de la seconde moitié du XIXe siècle réduisirent considérablement les pics de mortalité des vagues de chaleur.


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Le XXe siècle a connu de grandes canicules et sécheresses : 1911, 1947, 1976, 1983, pour les plus intenses et les plus longues.


https://meteoetclimat.fr/wp-content/uploads/2017/07/Histoire-du-Climat-web.pdf


En cette fin de juin 2019, la France s’apprête à traverser plusieurs jours de chaleurs !


Personne n’a oublié la canicule de l’été 1976 , entre le 22 juin et le 14 juillet, une des plus marquantes du XX ème siècle ! Puis, plus récemment, celle de l’été 2003, de mai à août. Selon les scientifiques, le réchauffement planétaire en cours pourrait atteindre 1,1° à 6, 4° C d’ici 2100. Nos ancêtres n’ont rien connu d’aussi rapide !


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Nous en retrouvons traces dans un certain nombre de fonds d’archives sous la forme de déclarations de sinistres, de demandes de dédommagement, de description de faits marquant les mémoires, laissant entrevoir les difficultés rencontrées sur le plan de la vie locale, économique et sociale : habitations endommagées, cheptels décimés, récoltes perdues, voies de communication coupées. A l’hiver les fortes gelées, au printemps les violentes grêles et pendant l’été les gros orages dévastent les cultures de blés, d’autres céréales, de légumineuses et d’arbres fruitiers.


Dès le Moyen Âge, nos ancêtres consignaient les grosses chaleurs, les grandes gelées et les grêles dévastatrices dans les registres paroissiaux, les livres de raison ou les archives des abbayes.


Parmi quelques actes répertoriés, on trouve, pour mémoire, l’orage de Saint Gille de la Neuville du 10 juillet 1786 et le procès verbal des événements climatiques survenus à Saint Germain des Essourts le 2 août 1703.


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(Saint Gilles de la Neuville 10 juillet 1786)


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L’univers d’un paysan alsacien du XIX ème siècle, son quotidien et les aléas climatiques :


http://histoiredevalff.fr/habitants/11-habitants/71-florent-wucher-fragments-d-une-vie-episode-1

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Quelques événements marquants en France et plus particulièrement en Normandie :


En 1095, une sécheresse fut propice aux épidémies qui faucha de nombreuses personnes dans la presqu’île de Jumièges .


Au XVI ème siècle, en 1540, le monde entier traverse une sévère sécheresse entre mars et octobre.


En 1524, la chaleur torride favorisant l’incendie de Troyes, détruit 1500 maisons et quelques églises.


En 1545, nouveau coup de chaud et nouvelle montée du prix des céréales. C’est l’une des plus importantes crises de subsistances du siècle, et provoquée par la chaleur !


En 1556, la vendange a lieu le 1er septembre tant l’été a été brûlant ! Un curé note que « ladite sécheresse accéléra les moissons près d’un mois plus tôt que de coutume ». La moisson se révèle médiocre, en quantité mais pas en qualité. Le sire de Gouberville, qui vit dans le Cotentin, relève la brève pluie du 1er juin, la première depuis le commencement d’avril. En juillet des incendies de forêt sont signalés dans cette Normandie d’ordinaire plus humide.


En 1636, année où Corneille écrit le Cid, un été caniculaire frappe la France, et plus précisément la capitale où les témoins décrivent « un effroyable harassement de chaleur » qui se maintient pendant plusieurs semaines. Cette terrible vague de chaleur et les maladies infectieuses qu’elle engendre vont provoquer la mort de 500 000 personnes.


En 1705, quatre ans seulement avant l’un des pires hivers de l’Histoire, la France dut de nouveau faire face à un été caniculaire. À Paris, les 39 degrés sont atteints durant plusieurs jours tandis que dans le sud du royaume la chaleur est telle que les thermomètres sont brisés par la dilatation du liquide. Cette canicule sera suivie par deux autres étés extrêmement chauds. Leur bilan humain total est évalué entre 200 000 et 500 000 victimes, une nouvelle fois causées par les infections de l’eau.


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(Saint Germain les Essourts 2 août 1703)

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En 1718 et 1719, deux étés caniculaires se succèdent. Durant le second, les fortes chaleurs s’étalent sans discontinuer de juin à la mi-septembre. Une forme de climat saharien s’abat sur la région parisienne et les témoins rapportent même l’invasion de nuées de sauterelles en provenance d’Afrique du Nord. Elles ravagent les cultures jusqu’en Normandie ! Ces deux étés caniculaires saignent à blanc le royaume : 700 000 morts (dont 450 000 pour la seule année 1719) pour un pays qui compte une vingtaine de millions d’habitants. Les victimes sont essentiellement des bébés et des enfants, atteints de dysenterie véhiculée par l’infection des eaux devenues trop basses.


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Au cours du XVIIIe siècle, d’autres étés caniculaires entraînent des pics de mortalité considérables. Les étés 1747 et 1779 font ainsi chacun près de 200 000 victimes. À chaque fois, dans l’indifférence quasi-générale, ce sont des générations entières de nourrissons qui sont décimées par les maladies infectieuses en conséquence de la chaleur et de la sécheresse.


Les chaleurs de l’été 1793 éclatèrent brusquement. Les grandes chaleurs commencèrent à paris le 1er juillet ; à Montmorency, après le 4. Elles augmentèrent si rapidement, que la journée du 8 figure déjà parmi les époques de leur maximum. Pendant tout le mois, le thermomètre se balança, au milieu du jour, entre 40° et 25° à 26°, en indiquant douze fois 24° à 34°, et dix fois 34° à 40° ; son élévation ne fut guère moindre les dix-sept premiers jours du mois d’août. Le maximum de la chaleur a donné 38°4 le 8 juillet à l’Observatoire royal de paris, et 40° le 16 du même mois à l’Observatoire de la marine. Durant ces grandes chaleurs, le vent resta fixé au nord, le ciel fut presque toujours beau, clair et sans nuages


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Au XIXe siècle, les deux canicules les plus meurtrières eurent lieu en 1846 et 1859 (année marquée par l’un des mois de juillet les plus chauds de l’histoire). Les bilans humains furent néanmoins légèrement plus faibles qu’au siècle précédent, avec à chaque fois une centaine de milliers de victimes. Les améliorations sanitaires de la seconde moitié du XIXe siècle réduisirent considérablement les pics de mortalité des vagues de chaleur.


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Le XXe siècle a connu de grandes canicules et sécheresses : 1911, 1947, 1976, 1983, pour les plus intenses et les plus longues.


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Nos ancêtres et L’histoire du climat en France depuis le XIV ème siècle

jeudi 25 juillet 2019

par  Francis RENOUT

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En cette fin de juin 2019, la France s’apprête à traverser plusieurs jours de chaleurs !


Personne n’a oublié la canicule de l’été 1976 , entre le 22 juin et le 14 juillet, une des plus marquantes du XX ème siècle ! Puis, plus récemment, celle de l’été 2003, de mai à août. Selon les scientifiques, le réchauffement planétaire en cours pourrait atteindre 1,1° à 6, 4° C d’ici 2100. Nos ancêtres n’ont rien connu d’aussi rapide !


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Nous en retrouvons traces dans un certain nombre de fonds d’archives sous la forme de déclarations de sinistres, de demandes de dédommagement, de description de faits marquant les mémoires, laissant entrevoir les difficultés rencontrées sur le plan de la vie locale, économique et sociale : habitations endommagées, cheptels décimés, récoltes perdues, voies de communication coupées. A l’hiver les fortes gelées, au printemps les violentes grêles et pendant l’été les gros orages dévastent les cultures de blés, d’autres céréales, de légumineuses et d’arbres fruitiers.


Dès le Moyen Âge, nos ancêtres consignaient les grosses chaleurs, les grandes gelées et les grêles dévastatrices dans les registres paroissiaux, les livres de raison ou les archives des abbayes.


Parmi quelques actes répertoriés, on trouve, pour mémoire, l’orage de Saint Gille de la Neuville du 10 juillet 1786 et le procès verbal des événements climatiques survenus à Saint Germain des Essourts le 2 août 1703.


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(Saint Gilles de la Neuville 10 juillet 1786)


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L’univers d’un paysan alsacien du XIX ème siècle, son quotidien et les aléas climatiques :


http://histoiredevalff.fr/habitants/11-habitants/71-florent-wucher-fragments-d-une-vie-episode-1

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Quelques événements marquants en France et plus particulièrement en Normandie :


En 1095, une sécheresse fut propice aux épidémies qui faucha de nombreuses personnes dans la presqu’île de Jumièges .


Au XVI ème siècle, en 1540, le monde entier traverse une sévère sécheresse entre mars et octobre.


En 1524, la chaleur torride favorisant l’incendie de Troyes, détruit 1500 maisons et quelques églises.


En 1545, nouveau coup de chaud et nouvelle montée du prix des céréales. C’est l’une des plus importantes crises de subsistances du siècle, et provoquée par la chaleur !


En 1556, la vendange a lieu le 1er septembre tant l’été a été brûlant ! Un curé note que « ladite sécheresse accéléra les moissons près d’un mois plus tôt que de coutume ». La moisson se révèle médiocre, en quantité mais pas en qualité. Le sire de Gouberville, qui vit dans le Cotentin, relève la brève pluie du 1er juin, la première depuis le commencement d’avril. En juillet des incendies de forêt sont signalés dans cette Normandie d’ordinaire plus humide.


En 1636, année où Corneille écrit le Cid, un été caniculaire frappe la France, et plus précisément la capitale où les témoins décrivent « un effroyable harassement de chaleur » qui se maintient pendant plusieurs semaines. Cette terrible vague de chaleur et les maladies infectieuses qu’elle engendre vont provoquer la mort de 500 000 personnes.


En 1705, quatre ans seulement avant l’un des pires hivers de l’Histoire, la France dut de nouveau faire face à un été caniculaire. À Paris, les 39 degrés sont atteints durant plusieurs jours tandis que dans le sud du royaume la chaleur est telle que les thermomètres sont brisés par la dilatation du liquide. Cette canicule sera suivie par deux autres étés extrêmement chauds. Leur bilan humain total est évalué entre 200 000 et 500 000 victimes, une nouvelle fois causées par les infections de l’eau.


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(Saint Germain les Essourts 2 août 1703)

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En 1718 et 1719, deux étés caniculaires se succèdent. Durant le second, les fortes chaleurs s’étalent sans discontinuer de juin à la mi-septembre. Une forme de climat saharien s’abat sur la région parisienne et les témoins rapportent même l’invasion de nuées de sauterelles en provenance d’Afrique du Nord. Elles ravagent les cultures jusqu’en Normandie ! Ces deux étés caniculaires saignent à blanc le royaume : 700 000 morts (dont 450 000 pour la seule année 1719) pour un pays qui compte une vingtaine de millions d’habitants. Les victimes sont essentiellement des bébés et des enfants, atteints de dysenterie véhiculée par l’infection des eaux devenues trop basses.


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Au cours du XVIIIe siècle, d’autres étés caniculaires entraînent des pics de mortalité considérables. Les étés 1747 et 1779 font ainsi chacun près de 200 000 victimes. À chaque fois, dans l’indifférence quasi-générale, ce sont des générations entières de nourrissons qui sont décimées par les maladies infectieuses en conséquence de la chaleur et de la sécheresse.

Les chaleurs de l’été 1793 éclatèrent brusquement. Les grandes chaleurs commencèrent à paris le 1er juillet ; à Montmorency, après le 4. Elles augmentèrent si rapidement, que la journée du 8 figure déjà parmi les époques de leur maximum. Pendant tout le mois, le thermomètre se balança, au milieu du jour, entre 40° et 25° à 26°, en indiquant douze fois 24° à 34°, et dix fois 34° à 40° ; son élévation ne fut guère moindre les dix-sept premiers jours du mois d’août. Le maximum de la chaleur a donné 38°4 le 8 juillet à l’Observatoire royal de paris, et 40° le 16 du même mois à l’Observatoire de la marine. Durant ces grandes chaleurs, le vent resta fixé au nord, le ciel fut presque toujours beau, clair et sans nuages

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Au XIXe siècle, les deux canicules les plus meurtrières eurent lieu en 1846 et 1859 (année marquée par l’un des mois de juillet les plus chauds de l’histoire). Les bilans humains furent néanmoins légèrement plus faibles qu’au siècle précédent, avec à chaque fois une centaine de milliers de victimes. Les améliorations sanitaires de la seconde moitié du XIXe siècle réduisirent considérablement les pics de mortalité des vagues de chaleur.


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Le XXe siècle a connu de grandes canicules et sécheresses : 1911, 1947, 1976, 1983, pour les plus intenses et les plus longues.


https://meteoetclimat.fr/wp-content/uploads/2017/07/Histoire-du-Climat-web.pdf


(Emmanuel Le Roy Ladurie, Jean- Pierre Javelle et Daniel Rousse )


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Climat, épidémies et famines :


http://angeneasn.free.fr/epidemies.htm


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500 ans de sécheresse en France :


http://www.gisclimat.fr/sites/default/files/Garnier_SHF_2009.pdf


F,Renout

(Administrateur cgpcsm)


Sources :

Emmanuel Leroy Ladurie (histoire humaine et comparé du climat)

Julien Colliat (Hérodote, le média de l’histoire)

Sylvie Dechavanne (Service des Publics Archives départementales du Val-d’Oise )



En cette fin de juin 2019, la France s’apprête à traverser plusieurs jours de chaleurs !


Personne n’a oublié la canicule de l’été 1976 , entre le 22 juin et le 14 juillet, une des plus marquantes du XX ème siècle ! Puis, plus récemment, celle de l’été 2003, de mai à août. Selon les scientifiques, le réchauffement planétaire en cours pourrait atteindre 1,1° à 6, 4° C d’ici 2100. Nos ancêtres n’ont rien connu d’aussi rapide !


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Nous en retrouvons traces dans un certain nombre de fonds d’archives sous la forme de déclarations de sinistres, de demandes de dédommagement, de description de faits marquant les mémoires, laissant entrevoir les difficultés rencontrées sur le plan de la vie locale, économique et sociale : habitations endommagées, cheptels décimés, récoltes perdues, voies de communication coupées. A l’hiver les fortes gelées, au printemps les violentes grêles et pendant l’été les gros orages dévastent les cultures de blés, d’autres céréales, de légumineuses et d’arbres fruitiers.


Dès le Moyen Âge, nos ancêtres consignaient les grosses chaleurs, les grandes gelées et les grêles dévastatrices dans les registres paroissiaux, les livres de raison ou les archives des abbayes.


Parmi quelques actes répertoriés, on trouve, pour mémoire, l’orage de Saint Gille de la Neuville du 10 juillet 1786 et le procès-verbal des événements climatiques survenus à Saint Germain des Essourts le 2 août 1703.

L’univers d’un paysan alsacien du XIX ème siècle, son quotidien et les aléas climatiques :


http://histoiredevalff.fr/habitants/11-habitants/71-florent-wucher-fragments-d-une-vie-episode-1

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Quelques événements marquants en France et plus particulièrement en Normandie :


En 1095, une sécheresse fut propice aux épidémies qui faucha de nombreuses personnes dans la presqu’île de Jumièges .


Au XVI ème siècle, en 1540, le monde entier traverse une sévère sécheresse entre mars et octobre.


En 1524, la chaleur torride favorisant l’incendie de Troyes, détruit 1500 maisons et quelques églises.


En 1545, nouveau coup de chaud et nouvelle montée du prix des céréales. C’est l’une des plus importantes crises de subsistances du siècle, et provoquée par la chaleur !

En 1556, la vendange a lieu le 1er septembre tant l’été a été brûlant ! Un curé note que « ladite sécheresse accéléra les moissons près d’un mois plus tôt que de coutume ». La moisson se révèle médiocre, en quantité mais pas en qualité. Le sire de Gouberville, qui vit dans le Cotentin, relève la brève pluie du 1er juin, la première depuis le commencement d’avril. En juillet des incendies de forêt sont signalés dans cette Normandie d’ordinaire plus humide.

En 1636, année où Corneille écrit le Cid, un été caniculaire frappe la France, et plus précisément la capitale où les témoins décrivent « un effroyable harassement de chaleur » qui se maintient pendant plusieurs semaines. Cette terrible vague de chaleur et les maladies infectieuses qu’elle engendre vont provoquer la mort de 500 000 personnes.

En 1705, quatre ans seulement avant l’un des pires hivers de l’Histoire, la France dut de nouveau faire face à un été caniculaire. À Paris, les 39 degrés sont atteints durant plusieurs jours tandis que dans le sud du royaume la chaleur est telle que les thermomètres sont brisés par la dilatation du liquide. Cette canicule sera suivie par deux autres étés extrêmement chauds. Leur bilan humain total est évalué entre 200 000 et 500 000 victimes, une nouvelle fois causées par les infections de l’eau.

En 1718 et 1719, deux étés caniculaires se succèdent. Durant le second, les fortes chaleurs s’étalent sans discontinuer de juin à la mi-septembre. Une forme de climat saharien s’abat sur la région parisienne et les témoins rapportent même l’invasion de nuées de sauterelles en provenance d’Afrique du Nord. Elles ravagent les cultures jusqu’en Normandie ! Ces deux étés caniculaires saignent à blanc le royaume : 700 000 morts (dont 450 000 pour la seule année 1719) pour un pays qui compte une vingtaine de millions d’habitants. Les victimes sont essentiellement des bébés et des enfants, atteints de dysenterie véhiculée par l’infection des eaux devenues trop basses.

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Au cours du XVIIIe siècle, d’autres étés caniculaires entraînent des pics de mortalité considérables. Les étés 1747 et 1779 font ainsi chacun près de 200 000 victimes. À chaque fois, dans l’indifférence quasi-générale, ce sont des générations entières de nourrissons qui sont décimées par les maladies infectieuses en conséquence de la chaleur et de la sécheresse.

Les chaleurs de l’été 1793 éclatèrent brusquement. Les grandes chaleurs commencèrent à paris le 1er juillet ; à Montmorency, après le 4. Elles augmentèrent si rapidement, que la journée du 8 figure déjà parmi les époques de leur maximum. Pendant tout le mois, le thermomètre se balança, au milieu du jour, entre 40° et 25° à 26°, en indiquant douze fois 24° à 34°, et dix fois 34° à 40° ; son élévation ne fut guère moindre les dix-sept premiers jours du mois d’août. Le maximum de la chaleur a donné 38°4 le 8 juillet à l’Observatoire royal de paris, et 40° le 16 du même mois à l’Observatoire de la marine. Durant ces grandes chaleurs, le vent resta fixé au nord, le ciel fut presque toujours beau, clair et sans nuages

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Au XIXe siècle, les deux canicules les plus meurtrières eurent lieu en 1846 et 1859 (année marquée par l’un des mois de juillet les plus chauds de l’histoire). Les bilans humains furent néanmoins légèrement plus faibles qu’au siècle précédent, avec à chaque fois une centaine de milliers de victimes. Les améliorations sanitaires de la seconde moitié du XIXe siècle réduisirent considérablement les pics de mortalité des vagues de chaleur.

Le XXe siècle a connu de grandes canicules et sécheresses : 1911, 1947, 1976, 1983, pour les plus intenses et les plus longues.

https://meteoetclimat.fr/wp-content/uploads/2017/07/Histoire-du-Climat-web.pdf

(Em mnuel Le Roy Ladurie, Jean- Pierre Javelle et Daniel Rousse )


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Climat, épidémies et famines :


http://angeneasn.free.fr/epidemies.htm


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500 ans de sécheresse en France :


http://www.gisclimat.fr/sites/default/files/Garnier_SHF_2009.pdf


F,Renout

(Administrateur cgpcsm)


Sources :

Emmanuel Leroy Ladurie (histoire humaine et comparé du climat)

Julien Colliat (Hérodote, le média de l’histoire)

Sylvie Dechavanne (Service des Publics Archives départementales du Val-d’Oise )



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