http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2016/08/07/le-crime-reduit-il-le-rechauffement-climatique/
Le crime réduit-il le réchauffement climatique ?
Mon post ayant suscité cette réponse est introuvable sur le site.
Réponse de Pierre Barthélémy :
Comparer les émissions totales de plus de 7 milliards de personnes à celles d’un seul crime ne me semble guère approprié.
Si l’on en croit les chiffres de la Banque mondiale
(http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/EN.ATM.CO2E.PC), les émissions annuelles de CO2 par habitant en 2010 approchaient les 5 tonnes. A comparer avec les 71 tonnes d’un meurtre. Par ailleurs, si vous mettez bout à bout, comme vous le faites avec les émissions de l’humanité, tous les coûts liés à la criminalité (et pas seulement les coûts environnementaux), vous constatez rapidement que ce n’est pas de l’ordre du « nanomètre ».
Pour ce qui est des « gens qui ont vraiment du temps à perdre », qui est un argument tarte à la crème lancé régulièrement contre les scientifiques dont on ne comprend pas les recherches, on peut le renvoyer contre à peu près n’importe quelle catégorie de population, pour peu qu’on ait suffisamment de mauvaise foi.
Rédigé par : Pierre Barthélémy | le 9 août 2016 à 13 h 54 min
La réponse de "Saumon":
Bonjour
J’ai lu votre commentaire avec attention.
A) Tout d’abord, dans l’article, il y a semble qu’il y ait un biais signalé par d’autres lecteurs ( Bulgroz | le 7 août 2016 à 17 h 12 min, Trigger | le 7 août 2016 à 17 h 36 min Untitpoi | le 8 août 2016 à 10 h 35 min) A partir du moment ou une personne est assassinée, elle cesse d’émettre du CO2. Ce raisonnement a t’il été pris en compte ? Sachant que l’émission moyenne annuelle par individu sur la Terre est de 5 tonnes, les 71 tonnes annoncées sont « remboursées » au bout de 14 années. Si on prend l’Angleterre avec 7.6 tonnes ,( http://www.statistiques-mondiales.com/emissions_co2.htm) il suffit de 10 ans.
B) En ce qui concerne le nanomètre, pour le principe, je suis d’accord avec vous, il faut prendre globalement le problème. J’ai recherché, il y a environ 200 000 assassinats par an dans le monde (http://www.planetoscope.com/mortalite/1200-homicides-commis-dans-le-monde.html)
En faisant une simplification importante (voire abusive, mais nous n’avons pas d’autres éléments ), on peut transposer à la planète le résultat de 71 tonnes de CO2.
On a : 71 * 200 000 = 14 mégatonnes à comparer avec 50 gigatonnes qui fait un rapport d’environ 3 E-4.
Pour donner une idée, ça représente 3/10 mm sur 1 mètre ou 30 m sur un trajet de 100 km.
C’est donc un terme négligeable.
Si on fait la conversion en réchauffement théorique, ça devient rigolo. En prenant une valeur élevée d’une augmentation de 4° C pour un doublement du CO2 , on trouve une augmentation de 25% (co2 anthropique)*4 °C *3 E-4 soit de l’ordre du tiers de millième de degré (sensibilité 2 à 4.5 ° C sur http://www.climat-en-questions.fr/focus/sensibilite-climatique). Il va falloir sortir les thermomètres de précision du laboratoire !!
C) « Au terme de calculs complexes, les auteurs ont établi le coût moyen par type de crime ou de délit. Sans trop de surprise, le meurtre est le crime dont l’empreinte carbone est la plus élevée : l’équivalent de l’émission de 71,2 tonnes de CO2 par assassinat. »
Depuis pas mal de temps, je tente de vulgariser la notion d’incertitude (j’ai fait deux longs mails sur le site de M Huet http://huet.blog.lemonde.fr/2016/07/21/climat-record-a-la-mi-2016/. (22 et 25 Juillet) .Que penser de l’annonce de 71,2 tonnes de CO2 , quelle est l’incertitude + ou – ?. Est ce 1 %, 20 %, ou plus ? En théorie, en l’absence d’indication, le dernier chiffre est significatif, on aurait donc une valeur comprise entre 71.2 +ou- 0.1 soit entre 71.1 et 71.3 tonnes mais au vu de ce document suivant, on peut plus qu’en douter.
Un élément de réflexion est donné sur le lien suivant :
http://www.lenouveleconomiste.fr/lesdossiers/le-bilan-carbone-9593/
Extrait : « Si vous faites réaliser un bilan carbone par dix prestataires différents, vous obtenez dix bilans carbone différents.
Quoiqu’on fasse, on sera toujours dans l’a peu près”, observe Angélie Baral. Dans certains cas, le périmètre choisi semble sans limite.
Le spécialiste britannique Mike Berners-Lee a calculé le bilan carbone d’un kilomètre à vélo : “si le cycliste carbure aux bananes : le bilan carbone est de 40 g d’équivalent CO2. Mais s’il carbure aux céréales arrosées de lait : 55 g d’équivalent CO2. S’il carbure au bacon : 125 g d’équivalent CO2. S’il carbure aux cheeseburgers : 160 g d’équivalent CO2. S’il carbure aux asperges acheminées par avion : 1,7 kg d’équivalent CO2”, estime-t-il dans son livre How bad are bananas ? The carbon footprint of everything (éd. Profile Books, 2010). Ce qui laisse sceptique Thierry Fornas, “le calcul doit tout de même rester rationnel”. »
D) En ce qui concerne « dont on ne comprend pas les recherches », je suis étonné que vous soyez capable de juger des compétences des lecteurs qui vous sont inconnus, ainsi que de douter de leur bonne foi. Je pense apporter pas mal d’éléments rationnels et étayés dans mon mail.
Il y a des centaines de paramètres sur la Terre dont l’empreinte carbone est très supérieure a la criminalité (infime) et sur lesquels on pourrait agir. Sur l’aspect quantitatif, les chiffres présentés sont très discutables.
Bonne lecture
Salutations
Rédigé par : saumon | le 12 août 2016 à 10 h 15 min | RépondreSignaler un abus |
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